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Le cinéma abandonné dans le Sinaï a été détruit

Temps de lecture : 2 min

«Le cinéma du bout du monde [The cinema at the end of the world]» © Kaupo Kippas
«Le cinéma du bout du monde [The cinema at the end of the world]» © Kaupo Kippas

En mars, les clichés d'un cinéma abandonné au milieu du désert du Sinaï, près de Charm el-Cheikh en Egypte, ont été relayés par les médias. Sur son blog, l'auteur de ces images, le photographe estonien Kaupo Kikkas, attribue cette lubie à un Français qui ne comprenait pas pourquoi «il n'y avait pas de cinéma au milieu du désert».

«Le cinéma du bout du monde [The cinema at the end of the world]» © Kaupo Kippas
«Le cinéma du bout du monde [The cinema at the end of the world]» © Kaupo Kippas

Le 22 avril, de nouvelles photographies, postées cette fois par l'internaute Noha Zayed sur son compte Instagram, montrent la récente destruction de ce lieu insolite.

Totalement démoli, il ne reste que des débris épars.

«Nous avions décidé de trouver et de visiter "le cinéma du bout du monde", explique Noha Zayed au site Egyptian Streets. En arrivant sur le site, nous avons pensé que nous n'avions pas les bonnes coordonnées. Les chaises avaient toutes été délibérément renversées. Il ne reste plus rien d'intéressant à voir, le site est détruit. C'était une grande déception.»

Ce lieu abandonné a fasciné les internautes. Mais lorsque les premières photographies ont été publiées il y a quelques semaines, certains doutaient de la véracité de cet endroit en raison du manque de sources, même s'il était visible sur google map.

S'il semble n'avoir jamais servi (le générateur électrique aurait été «saboté» lors de l'inauguration par des Egyptiens), on ne sait pas du tout de quand date ce cinéma. On ne connaît également que très peu de choses sur cet étrange Français (qui s'appellerait Dynn Eadel, MessyNessy reconnaît que ça ne fait pas très français comme nom), sur les autorités locales ou sur les Egyptiens qui n'ont pas apprécié cette idée. C'est donc un contexte qui manque avant tout. Or, comme l'expliquait Sean O'Hagan, en février dernier, dans un article sur la fascination des lieux urbains abandonnés:

«Ce sont les gens qui sont partis qui sont le contexte réel de ces photographies. Sans ce contexte humain, [les lieux abandonnés] sont juste romantiques et tristement beaux, visuellement séduisants mais vides de sens.»

Fanny Arlandis

Fanny Arlandis Journaliste à Beyrouth (Liban). Elle écrit principalement sur la photographie et le Moyen-Orient.

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