Égalités / Culture

A la recherche d'une identité

Temps de lecture : 2 min

La première photo de la série de Sarah Deragon, autoportrait: Queer, Lesbienne féminine.
La première photo de la série de Sarah Deragon, autoportrait: Queer, Lesbienne féminine.

Sarah Deragon est une photographe américaine. Le 2 janvier 2014, elle a lancé The Identity Project, ou «projet identité» en français. Une série de photos destinées à explorer la façon dont les gens se définissent sexuellement et sur le plan du genre. Elle a lancé la série avec une première photo d'elle-même assortie de deux qualificatifs: «queer femme». Queer peut rester tel quel en français; femme employé en anglais fait référence au fait d'être une femme lesbienne féminine.

La photographe a d'abord invité ses amis, ses contacts Facebook, à lui faire signe pour être photographiés, et puis elle a ensuite fait appel à toute «la communauté LGBTQ». «L'intérêt que le projet suscite est formidable: en quelques semaines, je me suis mise à avoir des centaines de personnes demandant à être photographiées».

Ces photos montrent un individu, et les qualificatifs qu'il choisit, ceux qui selon lui, lui correspondent. Elles sont passionnantes, parce qu'elles montrent la façon plurielle dont les gens se définissent. Elles montrent qu'il y a un éventail bien plus large que le simple fait d'être homme ou femme. Qu'en admettant qu'il y a un spectre à l'extrêmité duquel il y a d'un côté les hommes hétérosexuels qui se sentent hommes et de l'autre les femmes hétérosexuelles qui se sentent femmes, il y a entre les deux toute une palette de ce que l'on peut être.

C'est d'autant plus fascinant de voir ce projet depuis la France où tous les qualificatifs utilisés dans le projet de Sarah Deragon n'existent pas. Aux Etats-Unis, où les études sur le genre sont bien plus ancrées, tout un vocabulaire a émergé pour trouver les mots qui collent à ce que les individus ressentent. Autant de mots qui paraissent souvent en France inutiles voire inquiétants. On se contente d'hétéro, homo, bi, homme, femme, trans.

Mais cette pléthore de mots montre aussi le besoin très fort de se définir, de trouver à tout prix le mot qui collera à ce que l'on resent, à ce que l'on pense être. Le besoin d'écarter le flou quand, pourtant, rappelle le sociologue Jean-Claude Kauffman dans Identités, la bombe à retardement, l'identité est une chose mouvante. Elle «n'est jamais une "essence" ou une "substance"».

C.P.

Charlotte Pudlowski Rédactrice en chef de Slate.fr

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