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La lecture par survol risque de nuire à notre capacité de lire en profondeur

REUTERS/Jason Lee

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Claire Handscombe est une étudiante de 35 ans engagée dans le programme d'une prestigieuse université américaine en écriture créative. Et elle a désormais du mal à lire des romans. Le Washington Post consacre un long article à son problème et à celui de toute une génération habituée à cliquer, à survoler, et à ne plus lire de longs articles, de livres, de textes dans le détail et la densité.

«Pour les chercheurs en neurosciences cognitives, l'expérience d'Handscombe est un sujet de fascination et d'inquiétude grandissante. Les humains, craignent-ils, semblent développer des cerveaux numériques avec de nouveaux circuits pour parcourir rapidement le torent d'informations en ligne. Cette méthode alternative de lecture est en compétition avec le circuit traditionnel de lecture en profondeur développé sur plusieurs millénaires».

Maryanne Wolf, chercheuse en neurosciences cognitives de la Tufts University, explique craindre que nos lectures superficielles quotidiennes ne nous affectent quand nous devons faire des lectures plus exigeantes. «Le cerveau est maléable durant toute la vie d'un individu» remarque-t-elle. «Le cerveau est en adaptation permanente.»

Le simple fait de lire sur écran plutôt que sur papier est un enjeu pour le cerveau et pour notre compréhension des informations. «Il y a une inquiétude sur le fait que l'affinité des jeunes enfants avec des appareils électroniques de leurs parents et souvent leur maîtrise [de ces derniers] puissent freiner le développement de leurs capacités à lire en profondeur».

A cause de la lecture non-linéaire que l'on exerce sur Internet, nos cerveaux développent des raccourcis pour s'en sortir et s'y retrouver. Et cette nouvelle façon de scanner les informations commence à envahir, selon certain chercheurs, notre approche sur d'autres médias. Comme les livres. Ou les très longs articles. Allez donc vous concentrer sur celui du Washington Post, pour voir si vous arrivez au bout.

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