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10 films improbables à ne pas rater (ou voir) en avril

Alexandre Hervaud, mis à jour le 06.04.2014 à 8 h 58

Marre du tout-venant cinématographique? Voici une sélection de perles sortant ces jours-ci en salle, en VOD, en festival, à l'étranger ou en piratage potentiel.

Le film qu'on attend encore, man (DR)

Le film qu'on attend encore, man (DR)

Au menu de ce mois d'avril: le gang de Judd Apatow, du cinéma espagnol, des festivals fantastiques, du polar anglais, et plus encore.

Du Burgundy dans les épinards

Quoi, quoi, enfin une sortie française pour Anchorman 2? Hélas, non. D'abord prévu pour une sortie cinéma sous le titre Légendes vivantes en juin –hérésie sachant que le film est sorti outre-Manche et outre-Atlantique en décembre– la suite du film culte de Adam McKay avec Will Ferrell devrait débarquer en France directement en DVD début juin.

Même si l'idée de découvrir un film aussi débile en home video plutôt que dans une salle en délire nous chagrine, on peut comprendre la non-exploitation sur grand écran compte tenu de la popularité quasi-nulle du premier film en France. Néanmoins, pourquoi diable attendre aussi longtemps pour distribuer la chose, déjà dispo en DVD-rip sur les internets? Quitte à la jouer légal (et à snober Paramount France au passage), signalons donc la sortie vidéo du film outre-Manche dès le 28 avril en Blu-ray et DVD compatibles avec les lecteurs français.

Et pour rester dans l'univers déconnant de la bande à Judd Apatow, producteur des deux Anchorman, ne manquez pas l'excellent documentaire This Is Comedy, diffusé mardi 8 avril à 22h55 sur Canal+ Cinema. Signé par le camarade des Inrocks Jacky Goldberg, ce 58 minutes touchant et drôle décrypte parfaitement la mécanique du clan Apatow à grand renfort d'entretiens avec des poids lourds du gang (le cinéaste himself, Jason Siegel, Seth Rogen, Lena Dunham, Paul Feig, etc.). Attention, ce docu donne illico envie de se refaire l'intégrale de Freaks & Geeks.

Hallucinations de Mauvais Genre

Pâques approche, et pour les gourmands du cinéma de genre qui préfèrent les œufs d'Alien aux Kinder –l'un n'empêche pas l'autre, ceci dit–, la période est synonyme de rendez-vous cinéphiliques simultanés de fort bon goût. Du 16 au 21 avril, Lyon et Tours font ainsi figure de terres saintes pour amateur de films fantastiques, barrés, trash, drôles, déviants, etc.

Côté lyonnais, c'est le festival Hallucinations collectives qui propose cette année une thématique plus qu'alléchante: le New York des 70's et 80's, autrement dit une vue de Big Apple clairement plus Guerriers de la nuit que Sex & the City. Le festival proposera également des avant-premières de films déjà évoqués en ces pages (Au nom du fils, Goal of the Dead, Super 8 Madness) et on pourra y découvrir le très attendu nouveau Tsui Hark, Young Detective Dee: Rise of the See Dragon, quatre mois avant sa sortie en salles prévue pour le 6 août prochain.

Du côté de Tours, difficile de ne pas baver devant le programme du festival Mauvais Genre, ne serait-ce que pour son superbe visuel signé Caza, figure de Métal hurlant, et la pelletée de premières françaises proposées –en particulier celle tant attendu de Knights of Badassdom, hélas dans une version charcutée par les producteurs. Une sélection parmi lesquelles on a choisi de mettre en avant The Demon's Rook, rien que pour son goût affiché pour les effets spéciaux old school qui tachent:

Allons-y Franco

Toujours au rayon festival, mais pas uniquement fantastique dans ce cas, on aurait du mal à snober la 24ème édition du Festival du cinéma espagnol de Nantes, là-même où nous avions rencontré il y a deux ans le trublion Alex de la Iglesia, une fois de plus présent cette année pour célébrer la sortie d'un passionnant ouvrage d'entretiens autour de son œuvre (Le Jour de la Bête, Action Mutante, Balada Triste...). L'ouvrage, sous-titré La Passion de tourner, est coédité par le festival et la maison d'édition Rouge Profond, bien connue des cinéphiles. Il s'agit d'une version mise à jour de celle sortie en Espagne en 2011 avec un entretien autour de son dernier film sorti en 2013, Les Sorcières de Zugarramurdi.

Réduire le cinéma espagnol à De La Iglesia (ou Almodovar) serait bien sûr idiot, et la programmation du festival, qui alterne drames, comédies et documentaires, entend bien le montrer. On salue la soirée hommage à Jess Franco, le roi du bis qui nous a quitté il y a pile un an, et on a plutôt hâte de découvrir le Canibal de Manuel Martín Cuenca, et son histoire de couturier assassin dont la vie bascule avec l'arrivée d'une jeune femme dans son quotidien meurtrier, à Grenade.

Même pas cap

Encensé par la presse américaine à sa sortie, Cheap Thrills débarque directement en vidéo en France dès les 23 avril. Produit par les producteurs de You're Next, co-écrit par un acteur rompu aux films Troma, le film nous permet de retrouver cette bonne vieille trogne de David Koechner (Anchorman, The Office), toujours parfait dans le rôle d'odieux pourris.

Le pitch du film est le suivant: un jeune père endetté et sans emploi, sur le point de se faire expulser de son appart, se fait accoster au cours d'une beuverie par un couple un peu étrange. En virée pour l'anniversaire de sa femme, l'homme claque son argent en demandant à notre héros de faire tout et n'importe quoi moyennant quelques billets verts. La bande-annonce en dévoile sans doute (un peu) trop sur ce film lauréat du prix du public l'an dernier aux séances du minuit du festival SXSW, mais Dieu que ça fait envie.

Release the Cage!

Même en tête d'affiche, la présence de Nicolas Cage au casting d'un film n'est plus l'assurance d'une sortie salle –voir l'exemple de Frozen Ground avec John Cusack, retitré en Suspect pour sa sortie directe en vidéo en septembre dernier. On est donc ravi à l'idée de le retrouver au cinéma dès le 30 avril dans Joe, nouveau film du talentueux David Gordon Green (L'autre rive, Délire express), d'autant quen contrairement au dernier film signé Green (Prince of Texas), le décalage entre les sorties américaine et française ne dépasse pas trois semaines.

Cage incarne ici le rôle titre, celui d'un ex-taulard qui se prend d'affection pour un gamin régulièrement tabassé par son père. Oui, ça a l'air carrément moins drôle que Délire express.

Ça, c'est Paddy

Il est quand même très classe, ce Paddy Considine. Acteur anglais vu chez Edgar Wright (Hot Fuzz, Le Dernier Pub avant la fin du monde) et dans La Vengeance dans la peau, mais également réalisateur (Tyrannosaur), le voilà en tête d'affiche du polar urbain british Honour ,dont le pitch tranche radicalement avec le tout-venant du thriller puisqu'il y est question de «crime d'honneur» (ses règlements de comptes inter-famille), avec une jeune fille poursuivie dans tout Londres par un chasseur de prime (Considine) engagé par sa mère vraiment pas commode.

Et comme c'est de plus en plus souvent le cas outre-Manche, le film sort dans une poignée de salles ce vendredi avant d'être disponible deux semaines plus tard en VOD, puis en DVD. Autant la sortie VOD précédant la salle nous semblera toujours suicidaire, autant ce système de «rattrapage» (compte tenu de la rotation rapide des séances) voire d'«attrapage» tout court (pour les nombreux spectateurs potentiels ne vivant pas dans une zone où le film est distribué) nous paraît être d'une logique confondante. 

Les fous du volant

Tout est permis est un documentaire de Coline Serreau, en salles le 9 avril, tourné lors de stages de récupération de points suite à des infractions au code de la route. Bon, présenté ainsi, d'aucuns pourraient s'attendre à un reportage de France 3 Limousin ou au contraire à un déluge putassier façon Zone Interdite. Bonne nouvelle: à en juger par sa bande-annonce, ce n'est ni l'un ni l'autre.

Pendant ce temps, en Belgique

L'existence même d'un film belge tourné à Charleroi intitulé Marbie star de Couillu les 2 églises est une chose merveilleuse. Le fait que l'un de ses personnages principaux soit un boucher baptisé Jean Tube incarné par Johnny Cadillac, fameux sosie belge de Johnny Hallyday dont on ne se lassera jamais des conseils de karaté et autre souvenirs de castagne, ne gâche évidemment rien. Le film sort en salles en France le 23 avril prochain. Merci la Belgique.

La danse des canards

Pendant que Luc Besson produit à la chaîne des films d'actions en anglais avec des stars plus toutes jeunes (Neeson, Travolta, Costner) en goguette à Paris, le cinéma espagnol semble avoir trouvé un autre filon, moins onéreux mais plus bandant: des films de genre «high concept» tournés en anglais avec Elijah Wood.

En attendant Open Windows (avec également Sasha Grey) de Nacha Vigalondo, c'est Grand Piano de Eugenio Mira qui débarque dès le 30 avril en vidéo chez nous avec son pitch fou: Wood y incarne un pianiste pris pour cible pendant un concert par un sniper (John Cusack) S'il fait une fausse note, il meurt. A priori, le scénariste aurait trouvé l'idée en assistant à un concert de Zaz.

Alexandre Hervaud

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Journaliste
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