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L'artiste chinois Ai Weiwei n'a toujours pas de passeport

Temps de lecture : 2 min

Affiches pour soutenir Ai Weiwei / May S. Young via Flickr CC License By
Affiches pour soutenir Ai Weiwei / May S. Young via Flickr CC License By

Il y a bientôt trois ans, l’artiste Chinois Ai Weiwei était arrêté par la police dans son pays. Slate en profitait pour dresser un portrait de cet artiste internationalement connu. Depuis, Ai Weiwei a été libéré sous caution, mais les autorités de Pékin ne lui ont jamais rendu son passeport.

Mercredi 5 mars, Artnet News donne des nouvelles du dissident chinois: il vient de lancer un nouvel appel pour récupérer son passeport. Dans une vidéo publiée sur le magazine allemand Der Spiegel, il réexplique sa situation:

«Les autorités m’ont pris mon passeport il y a presque trois ans. Il n’y a pas de raison claire pour laquelle ils détiennent mon passeport. Ils m’ont promis plein de fois qu’ils allaient me le rendre, mais ne l’ont jamais fait. Je leur ai demandé plusieurs fois où était mon passeport, s’ils pouvaient me le rendre, et si non, s’ils pouvaient me donner la raison pour laquelle ils le gardaient. […] Je ne sais pas quand je le récupérerai.»

Le même jour, en soutien à leur collègue et ami, le président de l’Académie des arts de Berlin, Klaus Staeck, et d’autres de ses membres ont tenu une conférence de presse au musée Martin-Gropius-Bau. Staeck n’a pas hésité à exhorter le gouvernement allemand d’agir, rapporte l’agence de presse Reuters:

«Nous insistons fermement pour que notre gouvernement fasse de cette affaire un vrai problème.»

Une demande que les membres de l’Académie des Arts espèrent voir exaucée fin mars, lorsque la chancelière allemande Agela Merkel rencontrera le président chinois Xi Jinping, rappelle Radio France Internationale.

La raison pour laquelle les autorités chinoises rechignent à rendre à Ai Weiwei son passeport apparaît assez clairement.

L’artiste s’affiche comme un dissident du régime depuis plusieurs années, à travers ses œuvres mais aussi à travers son engagement. Il avait notamment soutenu le prix Nobel de la Paix Liu Xiaobo, lui-même opposant chinois. Sur l’une des plus célèbres photos de l'artiste, on le voit faire un doigt d’honneur sur la place Tiananmen. La provocation est donc son terrain de jeu, comme en atteste le titre d’une de ses célèbres expositions, «Fuck Off».

Exposition Fuck Off / Mitch Altman via Flickr CC License By

Dans sa vidéo, Ai Weiwei invoque son besoin de voyager «hors de Chine», en Allemagne notamment, pour travailler et y donner des cours. A partir du 3 avril , trois ans jour pour jour après son arrestation, une exposition consacrée à «ses œuvres provocatrices dans le monde» s’ouvre à Berlin, nous rappelle RFI.

Camille Jourdan Journaliste

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