Internet renforce le phénomène des popstars: 1% des artistes capte 77% des revenus

Extrait d'un graphique tiré de l'étude The Death of the Long Tail: The Superstar Music Economy.

Extrait d'un graphique tiré de l'étude The Death of the Long Tail: The Superstar Music Economy.

Le concept de «longue traîne» en musique est-il mort?

Internet n'a pas tué le hit parade. Il a même alimenté «l'économie des artistes superstars», titre le site Musically, qui relaie une étude récente d'un analyste de MIDiA consulting, spécialisée dans le conseil aux médias. A l'en croire, 1% des artistes les plus cotés sur le marché capterait près de 77% de l'ensemble des revenus générés par la musique enregistrée.

«Intuitivement, la démocratisation de l'accès à la musique» grâce aux nombreux forums, sites spécialisés et plateformes de streaming sur Internet, «aurait dû se traduire en une dilution de l'effet de l'économie des superstars», poursuit de son côté le blog Music Industry. Sauf qu'à en croire cette étude –malheureusement pas en libre accès–, il n'en est rien:

«Au lieu de ça, le marché nous a montré que les humains sont tout autant des moutons en recherche d'un troupeau à suivre en ligne qu'hors ligne.»

Pour l'étude, ce phénomène d'amplificiation des chiffres de vente des starlettes signe la fin de la «longue traîne». Ce concept, notamment développé par l'ancien rédacteur en chef du magazine spécialisé Wired Chris Anderson, explique que, mises bout à bout, les consommations culturelles qui sortent des sentiers battus jalonnés de tubes pour la musique, de best-sellers en littérature ou de blockbusters au cinéma, peuvent dépasser en volume les cartons grands publics en eux-mêmes.

«Arrêtons d’exploiter les quelques mégatubes au sommet des hit-parades pour gagner des millions, lançait ainsi Chris Anderson dans Wired en 2004, ici dans une traduction d'InternetActu. Le futur des marchés culturels réside dans les millions de marchés de niche cachés au fin fond du flux numérique

Pour le blog Music Industry, si ce concept de la longue traîne s'est révélé être un temps «la feuille de route d'une ère de contenu numérique excitante», il ne s'est en fait pas actualisé, en raison de deux facteurs: «Une mise en avant plus réduite sur les services numériques –particulièrement sur mobile» et «par la tyrannie du choix qui submerge les consommateurs, qui font face à un excès de choix qui entrave la découverte».

Deux obstacles que n'écartait d'ailleurs pas Chris Anderson, selon qui les services web ne peuvent tirer profit de l'effet de longue traîne qu'en se tenant à quelques «règles de la nouvelle économie culturelle». Qui comptent non seulement la mise à disposition de catalogues exhaustifs, mais aussi la mise en place de dispositifs permettant précisément à l'internaute de s'y retrouver au milieu de ce choix:

«Le modèle économique de la Longue Traîne traite les consommateurs en individus, offrant une personnalisation de masse à la place d’un marché de masse.»

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