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Il ne faut pas trop attendre des stratégies

Slate.fr, mis à jour le 01.03.2014 à 17 h 09

La signature de l'armistice, le 11 novembre 1918 à Rethondes, via Wikimedia Commons.

La signature de l'armistice, le 11 novembre 1918 à Rethondes, via Wikimedia Commons.

Tout le monde ou presque a une stratégie. Les gouvernements, les entreprises, les personnes… Les politiques ont des stratégies élaborées en matière économique, de santé, de logement, d’énergie, de déficits publics, de conquête du pouvoir… Aucune entreprise ne peut se permettre de ne pas avoir de stratégie. Elle en a forcément une pour se développer et devenir encore plus profitable. Les individus ont aussi des stratégies pour vivre heureux, progresser sur le plan professionnel, perdre du poids, diminuer leur stress, séduire… Et si les choses ne tournent pas comme espérées, c’est que la stratégie n’était pas bonne. 

Ce n’est pas si simple et c’est ce que démontre l’historien britannique Lawrence Freedman dans son livre «Strategy: A History» («Stratégie: une histoire»). Un livre salué par The Economist et par le Washington Post. Une stratégie est une vision d’ensemble avec un ou plusieurs objectifs et une direction pour les atteindre. Mais la mise en œuvre, le plan, est au moins aussi importante si ce n’est plus que la stratégie.

La stratégie est un concept élaboré, le plan est la description de la mise en œuvre opérationnelle. Il ne faut pas trop attendre des stratégies et beaucoup des plans. Ce n’est pas pour rien, si l’un des plus grands stratèges militaires de l’histoire, Napoléon Bonaparte expliquait que «l’art de la guerre est un art simple et tout d’exécution».

Au fil du temps, le terme de stratégie à force d’être trop utilisé a d’ailleurs perdu son sens. Dans son livre Sir Lawrence Freedman qui est depuis plus de 30 ans un des historiens militaires britanniques les plus réputés, lui redonne sa signification réelle. La stratégie consiste avant tout à utiliser toutes les ressources disponibles pour tirer partie le mieux possible d’une situation à la fois dynamique et contestée. «C’est obtenir plus d’une situation que ce que laisse entrevoir les rapports de force au départ. C’est l’art de créer du pouvoir».

Il existe un thème récurrent depuis l’antiquité sur deux sortes de stratégies, celles qui consistent à appliquer une force supérieure (personnalisée par le héros Achilles) et celles qui utilisent la ruse (personnalisée par Ulysse et son cheval de Troie). La ruse est plus séduisante parce qu’elle est offre la possibilité de vaincre la force brutale par l’intelligence. Mais la Sir Lawrence estime que la ruse est surévaluée, particulièrement contre un adversaire astucieux et puissant.

En fait, s’il est évidemment préférable et utile d’avoir une stratégie, il faut aussi être prêt à l’adapter et la changer au gré des circonstances sinon elle n’est pas d’une grande utilité.

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