Égalités / Culture

Vous imaginez la réalisatrice de «Tomboy» se réjouissant: «Ah ah ah je vais convertir plein de gentilles petites filles en grosses gouinasses»? Pas Virginie Despentes

Temps de lecture : 2 min

«Tomboy», Pyramide Distribution
«Tomboy», Pyramide Distribution

A la suite de la polémique sur la diffusion de Tomboy sur Arte (qui suivait l'interdiction de Nymphomaniac 2 aux moins de 18 ans ou le retrait de l’affiche de L’Inconnu du lac par deux municipalités) le magazine ciné Trois Couleurs consacre son prochain numéro au «cinéma pour tous», dans le sens, précise-t-il, d’un «"cinéma qui parle de tous", qui accompagne ou devance l’évolution des mœurs».

S'y trouve notamment une longue interview de la romancière et réalisatrice Virginie Despentes, dont le film Baise-moi en 2000, avait été interdit au moins de 18 ans à la suite d'une requête de l’association Promouvoir (qui promeut «des valeurs judéo-chrétiennes»), association très réactive pour revendiquer la censure d'oeuvres.

Despentes y rappelle que «le cinéma est une industrie, il est au service du pouvoir dominant, toujours. Le pouvoir dominant n’a pas envie que les femmes évoluent trop rapidement –donc le cinéma continue de montrer essentiellement des femmes jeunes, belles, minces qui se préoccupent surtout des hommes et de leur bien-être et qui ne parlent pas trop…».

Elle note le travail de quelques réalisatrices qui échappent à cela: Isabelle Czajka, Marion Vernoux, Emmanuelle Bercot. Ou Céline Sciamma, réalisatrice de Tomboy.

«Le film de Céline Sciamma, Tomboy, ne devient subversif que parce que Civitas s’y oppose. (...) Tomboy, c’est l’histoire d’une petite fille qu’on va regarder avec douceur. Je n’imagine pas trop Céline Sciamma se frottant les mains en relisant son scénario et se réjouissant dans un éclat de rire sardonique: “Ah ah ah je vais convertir plein de gentilles petites filles en grosses gouinasses” –ou alors elle cache bien son jeu, parce que le film ne ressemble pas franchement à une œuvre de propagande.»

L'interview est déjà en ligne; Trois Couleurs sortira le 5 mars.

Newsletters

L'invisibilisation des femmes de plus de 50 ans, un signe éclatant de la misogynie de notre société

L'invisibilisation des femmes de plus de 50 ans, un signe éclatant de la misogynie de notre société

Où sont les vieilles? Comment apprivoiser le vieillissement si mon corps à venir n'existe nulle part?

Remplacer le mot «femme» par «personne qui a ses règles» est-il vraiment inclusif?

Remplacer le mot «femme» par «personne qui a ses règles» est-il vraiment inclusif?

Aux États-Unis, l'emploi du mot «femme» est de plus en plus controversé. Mais suivre la logique de certains activistes s'avère périlleux.

Les candidates de télé-réalité subissent plus de cyberharcèlement que leurs homologues masculins

Les candidates de télé-réalité subissent plus de cyberharcèlement que leurs homologues masculins

Les trolls en ligne qualifient les femmes de sournoises, mentalement instables, diaboliques, ennuyeuses ou en quête d'attention.

Podcasts Grands Formats Séries
Slate Studio