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Mort de Harold Ramis, le réalisateur de «Un jour sans fin»

Jean-Marie Pottier, mis à jour le 24.02.2014 à 19 h 37

Bill Murray et Harold Ramis dans «Un Jour sans fin»

Bill Murray et Harold Ramis dans «Un Jour sans fin»

Harold Ramis, le réalisateur du formidable Un jour sans fin, est décédé, lundi 24 février 2014, à Chicago. Révélée par le Chicago Tribune, l'information a été confirmée à ABC News par la United Talents Agency, qui a ajouté que «sa créativité, sa compassion, son intelligence, son humour et son esprit manqueront à tous ceux qui l'ont connu et aimé».

Ramis était l'auteur de onze longs-métrages, dont les plus connus, en dehors de ce chef d'oeuvre qui a fêté ses vingt ans l'an dernier, sont probablement Mes doubles, ma femme et moi, Mafia Blues, avec Billy Crystal en psy du mafieux dépressif DeNiro, ou encore le remake de Stanley Donen Endiablé.

Mais aucun de ces films n'avait égalé le degré de culte de Un jour sans fin (Groundhog Day, 1993), comédie brillante et métaphysique où l'on voyait Bill Murray, météorologue grognon d'une chaîne de télévision locale, revivre en boucle la même journée, celle d'un reportage sur le «jour de la marmotte» à Punxsutawney, Pennsylvanie. Avec, heureusement pour lui, Andie McDowell pour compagnie...

Le film compte parmi ses fans prestigieux la Nasa, Barack Obama ou encore le cinéaste David O. Russell: en piste cette année pour l'Oscar du meilleur réalisateur, ce dernier l'a classé dans ses meilleurs films de tous les temps et chanté ses louanges l'an dernier dans le Guardian. Un jour sans fin fait aussi l'objet d'un véritable culte auprès du grand public, qui a notamment vu des internautes s'écharper pour savoir combien de temps exactement Murray passait «enfermé» dans sa boucle temporelle: trente à quarante ans, comme l'avait affirmé Ramis, ou carrément 10.000 ans, comme l'avait estimé un acteur?

Avant ce sommet situé au milieu de sa carrière, Ramis avait eu l'occasion, pendant vingt ans de multiplier les collaborations avec (déjà) Bill Murray, Dan Aykroyd —avec qui il avait coécrit les deux S.O.S. Fantômes en 1984 et 1989—, John Hugues, le comédien devenu sénateur Al Franken ou encore John Belushi, qu'il devait, avant sa mort brutale, diriger dans une adaptation du génial roman La Conjuration des imbéciles de John Kennedy Toole. Une époque dont il se souvenait avec nostalgie, en 2006, dans une interview au site Vulture:

«Une grande partie de notre meilleur travail comique s'est accompli en groupe. C'était essentiel pour une comédie. Avec ces collaborations, le groupe devient un public, et cela nous a permis de trouver nos meilleures idées. On avait juste envie d'être ensemble. Une fois que les gens vieillissent, ils fondent leur propre famille.»

Père de trois enfants, Ramis avait aussi fondé une famille de cinéma. Il aura, relève le Chicago Tribune, ainsi influencé toute une génération d'auteurs de comédies qui le citaient comme une inspiration, de Judd Apatow à Adam Sandler en passant par Jay Roach ou Peter Farrelly —et il leur avait d'ailleurs emprunté quelques-uns de leurs acteurs fétiches pour son dernier film, L'an 1, avec Jack Black et Michael Cera, en 2009.

«Quand j'avais quinze ans, j'ai interviewé Harold pour la station de radio de mon lycée et c'était la personne que je voulais devenir un jour», a déclaré Apatow, cité par le quotidien. Le cinéaste lui avait d'ailleurs rendu hommage en lui offrant le rôle du père de Seth Rogen dans En cloque, mode d'emploi.

Car Ramis avait également une carrière d'acteur qui l'avait notamment vu jouer dans les deux S.O.S. Fantômes et aussi dans Un jour sans fin, où il interprétait un neurologue que consultait Bill Murray. Victime d'une maladie rare des vaisseaux sanguins, il avait 69 ans.

J.-M.P.

Jean-Marie Pottier
Jean-Marie Pottier (944 articles)
Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).
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