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2014, l'année séries pour Michael Bay

Alexandre Hervaud, mis à jour le 18.02.2014 à 14 h 04

Après un faux départ, le réalisateur bourrin des «Bad Boys» et «Transformers» a entamé sa reconversion en producteur de séries entre deux tournages de blockbusters.

Black Sails, première production TV de Michael Bay - DR

Black Sails, première production TV de Michael Bay - DR

Avec à son CV un Armageddon, deux Bad Boys et quatre Transformers, le réalisateur Michael Bay –dont chaque long métrage épileptique rappelle à quel point un véritable maître de l'action comme John McTiernan manque cruellement à Hollywood, vivement son imminent come-back post-zonzon– traîne une réputation de bourrin macho-beauf absolu, comme le rappelle à juste titre ce montage de College Humor:

Michael Bay est d'ailleurs le premier à en rire, à en juger par cette publicité pour l'opérateur Verizon:

Producteur pour le cinéma depuis plusieurs années –on doit notamment à sa société Platinum Dunes un flot de remakes de films d'horreur plus ou moins dispensables (Texas Chainsaw Massacre, Amityville, Hitcher, etc.)–, Bay restait jusqu'à il y a peu totalement absent du terrain des séries. Pas un seul épisode pilote réalisé moyennant un crédit de producteur exécutif à son actif, nada. Contrairement à bon nombre de ses contemporains, qu'ils soient catégorisés réalisateurs arty (Martin Scorsese, James Gray, Michael Mann, David Fincher) ou commerciaux (Steven Spielberg, Brett Ratner, Joe Carnahan) si tant est que cette distinction ait vraiment un sens, Bay n'avait visiblement pas envie de se coller à ce médium –on doute fort qu'aucun diffuseur ne l'ait approché en 20 ans de carrière, car oui, Bad Boys fêtera ses 20 piges l'an prochain..

Les choses ont pourtant commencé à frémir à l'automne 2012, lorsque la chaîne A&E commande à la société de Michael Bay un pilote pour la série Occult, un cop show fantastique émanant de deux piliers de X-Files (James Wong à l'écriture, Rob Bowman à la réalisation).

Un an plus tard, en octobre 2013, on apprend que malgré les très bons échos critiques du pilote, la chaîne décide de ne pas commander la série. Faux départ pour l'activité de producteur TV de Michael Bay, qui a pourtant un autre (gros) projet en stock: Black Sails, série de pirates diffusée depuis fin janvier outre-Atlantique sur Starz (Spartacus, Boss) et déjà disponible en France sur OCS. En voici la bande-annonce:

Tourné au Cap, en Afrique du Sud, ce prequel de l'Ile au Trésor de Robert Louis Stevenson (ah, le domaine public...) imaginé par les scénaristes Jonathan E. Steinberg et Robert Levine en est à son quatrième épisode. Si le pilote tourné par l'énergique Neil Marshall (The Descent, l'épisode de Game of Thrones avec l'épique bataille de Blackwater) faisait preuve d'efficacité, les trois épisodes suivant ont pour le moins ronronné en mode soap opera trash, façon Sons of Anarchy des Caraïbes, le sexe lesbien en plus.

Il reste quatre épisodes à la série pour conclure sa première saison sur une note satisfaisante, sachant qu'une saison 2 a été commandée par Starz en juillet 2013, plus de six mois avant la diffusion des premiers épisodes.

Si l'accueil critique est plutôt tiède, Black Sails est toutefois un succès commercial pour Starz, la diffusion du pilote ayant attiré des scores d'audience records pour la chaîne. Voilà qui est plutôt encourageant (financièrement parlant, en tout cas) pour la carrière TV de Michael Bay, qui enchaînera dès cet été avec une nouvelle production, The Last Ship, série destinée cette fois-ci à la chaîne TNT. Tiré du roman éponyme de 1988 signé William Brinkley, The Last Ship se déroule au milieu d'une pandémie ayant décimé 80% de la population mondiale; des survivants retranchés dans un navire de guerre doivent s'allier pour éviter l'extinction de l'espèce.

Du post-apocalyptique bad ass et sûrement bas de plafond dont la première bande-annonce évoque un mix entre Helix et Last Resort, pour ne citer que deux séries récentes:

Compte tenu de la filmographie du gaillard plus à l'aise avec les explosions qu'avec les discours sur prompteur, difficile d'espérer de sa part un potentiel Boardwalk Empire ou House of Cards. On se consolerait volontiers devant de grosses machines décérébrées blindées d'effets spéciaux et de cascades –c'est d'ailleurs ce que vend le trailer de The Last Ship– mais la rigueur des budgets TV comparés à ceux des films hollywoodiens (Black Sails en est la preuve!) ne doit pas nous faire oublier l'essentiel: avec ou sans réalisateurs célèbres, la télé, c'est pas du cinéma.

Alexandre Hervaud

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Journaliste
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