Culture

Ce qui compte ce n'est pas l'oeuvre d'art, mais la façon dont vous percevez l'artiste

Temps de lecture : 2 min

- Aux MTV Europe Awards en novembre 2011. REUTERS/Cathal McNaughton -
- Aux MTV Europe Awards en novembre 2011. REUTERS/Cathal McNaughton -

Lady Gaga aurait-elle autant de succès si elle abandonnait ses tenues extravagantes et si ses performances étaient plus banales? Une nouvelle étude suggère que non. Publiée dans le European Journal of Psychology, et relayée par le Huffington Post, cette étude prouve que l’on préfère le travail d’un artiste excentrique, à celui d’un artiste plus conventionnel.

Les deux chercheurs qui se sont penchés sur la question, Eric Raymond Igou, professeur de psychologie à l’Université de Limerick, et Wijnand Adriaan Pieter Van Tilbur, professeur à l’Université de Southampton, partant de l'hypothèse selon laquelle «l'excentricité augmente la perception de la qualité artistique», l'ont confirmée via plusieurs expériences. Ils ont demandé à plus de 250 participants, selon le site américain Fastocodesign, d'y prendre part.

Dans une première expérience, ils ont remarqué que Les Tournesols de Van Gogh étaient plus appréciés lorsque les individus connaissaient l’histoire (vraie ou fausse d’ailleurs) de l’oreille coupée du peintre.

Dans une autre expérience, ils ont présenté aux participants les œuvres d’un artiste fictif — œuvres réalisées spécifiquement pour l’étude. Ils lui ont inventé une vie excentrique dont ils n’ont parlé qu’à la moitié du groupe, qui a alors estimé plus positivement le travail de l’artiste, que l'autre moitié qui pensait que la vie de l'artiste était plus «conventionnelle».

Dans une troisième expérience, deux photos de Lady Gaga ont été montrées aux participants. Sur l’une, la chanteuse avait une allure «normale», sur l'autre, il y avait la Lady Gaga que l’on connait, plus excentrique. Le groupe qui a vu les photos excentriques de l’artiste a jugé son travail plus favorablement que l’autre groupe.

«L’évaluation de l’art prend ses origines dans la perception de l’excentricité des artistes», concluent les chercheurs dans leur étude, même s’ils précisent que l’authenticité du travail et les compétences de l’artiste entrent également en jeu.

Mais cette importance de la perception de l’art via la personnalité de l’artiste ne doit pas masquer les liens réels qui existent entre créativité et excentricité ou plus exactement névroses. Nous vous l’expliquions sur Slate: une étude de l’Institut suédois Karolinska, publiée en septembre 2012 dans le Journal of Psychiatric Research, mettait en avant un lien véritable entre les personnes créatives et les maladies mentales.

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Par exemple, écrivait alors Clément Guillet: «les écrivains se révèlent être de manière statistiquement significative plus à risque pour toutes sortes de pathologies psychiatriques. Schizophrénie, troubles bipolaires, dépression, addictions, troubles anxieux ou suicide: être auteur semble dangereux pour la santé mentale. Ou une santé mentale défaillante semble devoir pousser à l'écriture».

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