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Si Justin Bieber a son mugshot, c'est grâce à un Français

Temps de lecture : 2 min

Mugshots de Justin Bieber/ Miami Dade County Corrections Department
Mugshots de Justin Bieber/ Miami Dade County Corrections Department

Voilà, Justin Bieber a son mugshot. Au volant d'une Lamborghini jaune, sur les routes de Miami vers 4h du matin, le chanteur de 19 ans a été arrêté pour conduite en état d'ivresse (drogue et alcool en l'occurrence). Sur les photos, cette arrestation a l'air de le mettre plutôt en joie.

Avec ce mugshot, le chanteur rejoint les rangs de Lindsay Lohan et Paris Hilton. Ou Jane Fonda et Al Pacino s'il vise un peu plus haut... Mais aussi de personnes beaucoup moins célèbres et beaucoup plus anciennes: le premier portrait photo d’une personne a probablement été tiré par Louis Daguerre en 1838 en 1839. Mais l’utilisation de photographie comme méthode d’archivage des visages des criminels est devenue courante dans les années 1880. Selon l’Encyclopédie de la Photographie du XIXe siècle, le retard du système légal dans l'utilisation de cette nouvelle technologie était dû à la fois aux coûts élevés et à la complexité de la photo à l’époque et à la question non résolue de savoir si une image pouvait être produite et utilisée comme preuve dans un tribunal.

Entre alors en scène Alphonse Bertillon. Bertillon, alors simple employé à la préfecture de police de Paris à la fin des années 1870, invente le mugshot (ou photo d'identité judiciaire) tel qu’on le connaît aujourd’hui: deux photos d’un individu prises systématiquement sous deux angles différents dans des poses établies (une de face, une de profil) dans des conditions de luminosité standardisées.

Les photos devaient être attachées à une carte d’identification –prémices de la carte d’identité– comprenant aussi des données anthropométriques (comme la taille de l’auriculaire) –ainsi qu’une description de la couleur des yeux, la couleur des cheveux, de la peau, la carrure, et autres traits particuliers.

Le succès du système de Bertillon, en France, lui a permis de devenir le chef du service photographique de la préfecture de police de Paris, alors créé.

Il écrit plusieurs livres, dans lesquels il décrit ses méthodes, et qui contribuent, avec des expositions, comme l’exposition universelle de 1893 à Chicago, à répandre l’utilisation de son système dans le monde entier.

La méthode Bertillon perd finalement de sa pertinence face à l’arrivée des empreintes digitales. Mais sa contribution à la standardisation de la photo dans au sein du système judiciaire, perdure.

Julia Felsenthal

Traduit et adapté par Charlotte Pudlowski

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