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«Brooklyn Nine-Nine», la (très bonne) surprise des Golden Globes

Alexandre Hervaud, mis à jour le 13.01.2014 à 17 h 43

La série comico-policière avec Andy Samberg a réalisé un doublé aux Golden Globes Awards 2014. Un succès mérité.

Andy Samberg, Jo Lo Truglio - © Universal Television

Andy Samberg, Jo Lo Truglio - © Universal Television

La cérémonie des 71e Golden Globes Awards s'est déroulée dimanche soir à Los Angeles. Pour les plus pressés d'entre vous, en voici un condensé vidéo de 90 secondes:

Compte tenu de sa réussite, il serait tout de même dommage de se passer du monologue d'intro des deux maîtresses de cérémonies, Tina Fey (30 Rock) et Amy Poehler (Parks and Recreation, pour laquelle elle a d'ailleurs remporté une statuette dimanche dans la catégorie meilleure actrice de série comique).

Le voici:

Comme chaque année, la Hollywood Foreign Press Association (Association hollywoodienne de la presse étrangère) a distingué le meilleur du cru 2014 côté cinéma et télévision. Niveau séries dramatiques, cette année est celle du sacre peu surprenant de Breaking Bad, auréolée des Golden Globes de meilleure série et du meilleur acteur pour Bryan Cranston.

C'est plutôt du côté de la comédie que l'inattendu s'est produit.

L'équipe de Brooklyn Nine-Nine / Source: Instagram des Golden Globes

Pour la presse professionnelle américaine –en l'occurrence la revue de référence Variety– la double victoire de la série Brooklyn Nine-Nine (meilleure comédie, meilleur acteur pour Andy Samberg, transfuge du Saturday Night Live et membre du génial groupe The Lonely Island) est qualifiée de «surprise». On n'osera pas mettre en doute cette assertion, mais si «surprise» il y a, on ne peut pas pour autant en déduire que Brooklyn Nine-Nine a usurpé ces victoires. Loin de là.

Co-produite par Universal et diffusée outre-Atlantique sur la chaîne Fox depuis le 17 septembre 2013, Brooklyn Nine-Nine est –ô, joie– légalement visible en France peu après sa diffusion américaine sur Canal+ séries.

Le pitch de la série proposé par la récente chaîne du groupe Canal est le suivant:

«Un commissariat de Brooklyn. Détective particulièrement doué, Jake Peralta (Andy Samberg) s'attache à résoudre les affaires qu'on lui confie mais s'emploie aussi à faire régner la bonne humeur dans les bureaux. Son passe-temps favori: narguer sa hiérarchie et faire le pitre, ce qui agace sérieusement le nouveau capitaine, Ray Holt (Andre Braugher).»

Pour un aperçu du show (et de son casting), voici le générique, illustré par un chouette thème musical funky signé Dan Marroco:

La série a été créée par Dan Goor et Michael Schlur, deux transfuges de Parks and Recreation. Sachant que cette dernière –toujours aussi recommandable– était également nommée dans la catégorie «Meilleure série comique», la victoire de Brooklyn Nine-Nine prend une toute autre saveur. Etaient également nommées The Big Bang Theory (qui ne fait plus rire grand monde depuis un bail), Girls (dont le dosage comique s'est fortement dilué au fil des épisodes au profit du drame) et Modern Family (déjà lauréate du Golden Globe de meilleure comédie en 2012, chacun son tour).

La force de Brooklyn Nine-Nine, au-delà de son réservoir à vannes inépuisable et de ses comédiens, c'est que la série réussit le délicat mix de deux genres (comédie et policier) avec un brio qui rappelle Very Bad Cops avec Will Ferrell: les moments purement comiques (en particulier les scènes de vie quotidienne au commissariat) ne se font pas au détriment des enquêtes –le dernier épisode diffusé, le s01e12, affiche même un (petit) côté Sherlock Holmes avec son lot de fausses pistes et d'ennemi juré insaisissable. Cet équilibre s'opère sans rupture de ton gênante puisque même les parties purement «cop show» (filatures, poursuites, interrogatoires) débordent d'humour tantôt slapstick, tantôt référentiel, mais quasi systématiquement hilarant.

Jugez plutôt avec cette bande-annonce de cette première saison du show:

Le rythme assez frénétique des épisodes et son tournage caméra à l'épaule (mais heureusement pas en mode faux-documentaire, plutôt lassant à force) apparaissent comme les signes distinctifs d'une lignée de shows dont l'arbre généalogique naît du côté de la BBC au début des années 2000. En effet, comme on l'a vu plus tôt, pas de Brooklyn Nine-Nine sans Parks and Recreation, elle-même cousine germaine de The Office US où a sévi le co-créateur Michael Schlur (en plus d'écrire des épisodes, il incarnait Mose, le cousin de Dwight!), et The Office version Steve Carell doit bien entendu son existence à The Office UK. Bref, encore une fois, merci Ricky Gervais, tes bâtards ricains ont eux aussi connu une belle descendance survoltée!

Alexandre Hervaud

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Journaliste
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