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Le lauréat d'un prix du roman policier est un prisonnier condamné à perpétuité

Alice Bru, mis à jour le 13.01.2014 à 11 h 55

Cellular Jail (Andaman 350) / Saniam Bahga via Flicker CC license by

Cellular Jail (Andaman 350) / Saniam Bahga via Flicker CC license by

Quand le jury du Private Eye Writers of America, un prix littéraire qui récompense le premier roman policier d'un auteur, a choisi Cut Through Bone, il a encensé le livre pour son authenticité. L'auteur semblait vraiment connaître son affaire... et pour cause: il purge une peine de prison à vie avec une période de sûreté de 30 ans pour le meurtre d'une étudiante et le braquage d'une bijouterie, explique le Telegraph.

Alaric Hunt, 44 ans, signe là son premier roman, détaille le Daily mail. Après plusieurs textes non publiés, Alaric Hunt a écrit Cut Through Bone en neuf mois, durant le temps libre que lui laisse son emploi de bibliothécaire de la prison haute-sécurité de Bishopville. C'est en prison qu'il a découvert la littérature et l'écriture, notamment en lisant Hemingway, les philosophes grecs et romains et les maitres de la science-fiction.

Long de 320 pages, le roman raconte l'histoire d'un vétéran de l'Afghanistan accusé à tort du meurtre de sa petite amie, précise le New York Times. L'enquête est menée par un duo improbable formé par Clayton Guthrie, un enquêteur entre deux âges et une adolescente, fille d'immigrés portoricains, Rachel Velasquez. Tout se passe à New York, ville qu'Alaric Hunt n'a jamais visitée. Selon le Daily Mail, il s'est basé sur la série de Dick Wolf Law and Order, mais aussi d'autres romans et une carte de la ville datant de 1916. Comme le rappelle le Telegraph, Minotaur, l'éditeur du roman, insiste sur le fait que le scénario du livre n'est absolument pas basé sur le crime commis par Alaric Hunt.

Le Daily Mail relate la critique du Richmond Times Dispatch, un journal californien:

«Parfois, un roman vous captive dès la première page par son scénario. Parfois, c'est l'écriture. Rarement, c'est le passif de l'auteur. Mais Alaric Hunt réussit la passe de trois dès ses débuts».

«Ce qui est beau dans cette compétition, explique Toni Kirkpatrick, une des éditrices de la maison Minotaur au New York Times, c'est qu'elle est ouverte à tout le monde. Alaric Hunt a le droit de soumettre des textes à un éditeur. Personne n'a dit qu'il n'avait pas le droit d'être publié. Il n'écrit pas les mémoires de son crime et n'essaie pas d'en tirer de l'argent.»

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