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En 2013, les ventes de vinyles ont battu un record aux Etats-Unis

Road Trip 2013: Rocky Mountain Audio Fest davidd via Flickr CC License by

Road Trip 2013: Rocky Mountain Audio Fest davidd via Flickr CC License by

Tandis que les CD et les albums dématérialisés ont reculé, le vinyle a connu une croissance extraordinaire.

Pour la première fois depuis le lancement de l’iTunes Store depuis 2003, les ventes de chansons et d’albums dématérialisés aux Etats-Unis ont baissé cette année, rapporte Billboard. Les analystes reprochent ce déclin à l’essor des services de streaming comme Spotify et Pandora. Les ventes de CD ont aussi subi un coup dur, tout comme les ventes d’albums en général.

Cependant, un format a discrètement enregistré une progression: les bons vieux 33 tours.

Les ventes de disques vinyles ont réalisé une progression fantastique de 32% depuis 2012, prolongeant une croissance improbable qui a débuté au début des années 1990 et a décollé aux alentours de 2007. En fait, comme David Greenwald de The Oregonian le fait remarquer, c'est la sixième année consécutive que les albums en vinyle enregistrent leurs ventes les plus élevées depuis la mise en place de Soundscan en 1991 [Soundscan étant le système de recensement des ventes de disques aux Etats-Unis, NDT].

Les valeurs absolues demeurent modestes: 6 millions de disques, soit environ 2% de tous les albums vendus aux Etats-Unis. Mais la croissance a été fulgurante, comme vous pouvez le voir dans le graphique ci-dessous de Statista, mon portail allemand de statistiques préféré. (Statista a sa propre brève sur cette tendance.)

Ventes d'albums vinyle aux Etats-Unis entre 1993 et 2013 (en millions d'exemplaires)

Que se passe-t-il ici? Comme mon collègue à Slate Forrest Wickman me l’a rappelé, la montée du vinyle est probablement plus facile à comprendre en la mettant en parallèle avec le déclin simultané du CD (Eliot Van Buskirk de Wired l’avait prédit il y a six ans déjà). Tandis que la musique numérique s’est déplacée des disques laser vers les disques durs –ainsi que, de plus en plus, vers le cloud– les collectionneurs intéressés par une copie physique de leurs albums favoris ne voient plus de raison de préférer les CD aux microsillons. De fait, nombreux sont ceux qui préfèrent les seconds, qu’il s’agisse de la qualité du son, l’attrait de la nostalgie, ou simplement l’élégance du disque vinyle comme objet de design. Les CD et cassettes avaient leurs vertus en tant que médias, mais l’esthétique n’en faisait pas partie.

Plus généralement, le boom du vinyle peut être vu comme une énième manifestation du fétichisme social qui entoure tout ce qui est «vintage» et analogique, ce qui est très clairement une réponse à la numérisation, privatisation, globalisation, et probablement d’autres mots en «-isation» qui m’échappent. Au sein de l’industrie musicale, la renaissance du vinyle est également liée à la notion d’«album» en tant qu’œuvre d’art cohérente, généralement produite par un véritable groupe. Bien que le vinyle le plus vendu de 2013 soit de Daft Punk, les trois quarts des albums vinyles vendus étaient des albums de rock, observe Billboard. Et environ 65% d’entre eux étaient vendus dans des boutiques de musique indépendantes.

Est-ce que cela voudrait dire qu’on peut à nouveau les appeler des disquaires?

Will Oremus

Traduit par Laurent Pointecouteau

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