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Peter O'Toole, l'acteur qui ne gagna jamais d'oscar - en étant nommé 8 fois

Temps de lecture : 2 min

Stardust, le mystère de l'étoile
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Dire que Peter O'Toole, acteur irlandais mué en légende après son rôle dans Lawrence d'Arabie, mort ce 15 décembre à 81 ans, n'avait jamais eu d'Oscar, n'est pas tout à fait exact. L'Académie, voyant les récompenses filer avec les années, avait décidé de lui remettre un Oscar d'honneur en 2003. L'ensemble de sa carrière, qu'il avait entamée en se lançant dans le théâtre au début des années 50, étudiant à la Royal Academy of Dramatic Arts avec Alan Bates et Richard Harris, après quelques années de journalisme, valait bien ça.

Mais Peter O'Toole n'avait jamais eu l'Oscar qu'il aurait mérité. L'Oscar de meilleur acteur - catégorie dans laquelle il fut pourtant nommé 8 fois - un record. 7 fois avant son Oscar d'honneur, pour:

Il joua surtout de malchance: comme lorsqu'il se retrouva confronté à Marlon Brando, qui l'emporta pour Le Parrain en 1973, ou à Robert DeNiro, qui fut lauréat en 1981, pour son rôle de Jake Lamotta dans Raging Bull.

En 2003, quand l'Académie avait annoncé vouloir lui remettre l'Oscar d'honneur, il avait envisagé de refuser, arguant qu'il n'avait pas 80 ans, qu'il était toujours en lice, et qu'il se pourrait bien qu'il l'emporte. Et puis il avait cédé. Dans son discours d'acceptation, il avait souri: «Always a bridesmaid, never a bride, my foot!», soit en français «toujours témoin, jamais à la fête, mon oeil!».

Puis il avait dit:

«Je veux que l'Académie sache que je suis aussi ravi qu'honoré. Et je suis en effet honoré. La magie des films s'est emparée de moi quand j'étais enfant; alors que je ne suis pas loin de devenir une antiquité, la magie du cinéma m'enchante toujours autant. Etant certain d'être récompensé ce soir, et n'ayant donc pas à souffrir de l'incertitude, à l'ouverture de l'enveloppe fatidique, j'ai les idées claires. Je pense à nos collègues, à nos vieux amis maintenant disparus, qui ont joué leur rôle dans cette cérémonie; je pense aux immenses talents bien vivants et avec nous ce soir. Je pense aux fantastiques jeunes hommes et jeunes femmes si doués, que je rencontre presque à chaque fois que je travaille et qui me donnent tant d'énergie. Je pense aux Etats-Unis et aux amours et aux amitiés que j'ai connues ici pendant plus d'un demi-siècle et à combien cette nation m'a donné sur le plan personnel et profesionnel.»

Quelques années plus tard, il fut encore nommé à l'Oscar du Meilleur acteur, en 2007, pour son rôle dans Venus, de Roger Mitchell. C'est Forest Whitaker qui l'emporta alors, nommé pour son interprétation d'Amin Dada dans Le Roi d'Ecosse.

C.P.

Charlotte Pudlowski journaliste, créatrice et rédactrice en chef du podcast Transfert

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