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L'ancien leader des Pink Floyd, Roger Waters, compare Israël à l'Allemagne nazie et déclenche la colère de la communauté juive américaine

Temps de lecture : 2 min

Roger Waters à Bucarest en août 2013. REUTERS/Radu Sigheti
Roger Waters à Bucarest en août 2013. REUTERS/Radu Sigheti

Roger Waters, ancien leader des Pink Floyd, est un défenseur bien connu de la cause palestinienne. Mais ses récentes remarques s'apparentent davantage à de l'antisémitisme qu'à de l'anti-sionisme, selon les leaders de la communauté juive américaine: l'artiste a comparé l'Etat d'Israël à l'Allemagne nazie.

«Le parallèle [entre la situation actuelle] et ce qui s'est passé dans les années 1930 en Allemagne est terriblement évident» a-t-il expliqué.

Ces remarques interviennent à la suite d'un comportement qui avait déjà été vivement critiqué cet été: il avait utilisé un ballon en forme de cochon, orné de symboles du judaïsme (notamment une étoile de David) comme décor scénique lors d'un concert. En l'occurrence, l'artiste avait justifié la chose en précisant que le croissant islamique et la croix chrétienne étaient également sur le cochon gonflable. «Le survol de la foule par cet accessoire, puis sa démolition par les spectateurs constituent un des clous de l'ambitieux show de l'Anglais», racontait alors Le Figaro.

Avec cette comparaison entre Israël et l'Allemagne nazie, Waters aura du mal à trouver des justifications. Le rabbin américain, Shmuley Boteach, intellectuel américain a décrit les vues de Waters comme clairement antisémites, dans le New York Observer. «Mr Waters, a-t-il écrit, les Nazis constituaient un régime génocidaire qui a assassiné six millions de Juifs. Que vous ayez l'audace de comparer les Juifs aux monstres qui les ont assassinés, montre que vous n'avez aucune décence, pas de coeur et pas d'âme».

Ce à quoi Waters a répondu:

«Je ne connais pas le rabbin Boteach, et je n'ai aucune intention de me lancer dans un concours d'insultes avec lui. Je veux simplement dire ceci: je n'ai rien contre les juifs, ni contre les Israëliens, et je ne suis pas antisémite. Je ne fais que déplorer la politique du gouvernement israélien dans les territoires occupés et à Gaza. Elle est immorale, inhumaine, et illégale. Et je continuerai mon combat non violent tant que le gouvernement d'Israël continuera avec cette poltique.»

Waters n'est pas le premier à établir un parallèle entre Israël et l'Allemagne nazie, y compris parmi les artistes: même des romanciers comme Jose Saramago ou Luis Sepulveda avaient déjà fait la comparaison. L'Anti-Defamation League (ADL, «Ligue antidiffamation») considère cela comme des propos antisémites.

Charlotte Pudlowski Rédactrice en chef de Slate.fr

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