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10 films improbables à ne pas rater (ou voir) en décembre

Alexandre Hervaud, mis à jour le 11.12.2013 à 14 h 27

Marre du tout-venant cinématographique? Voici une sélection de perles sortant ces jours-ci en salle, en VOD, en festival, à l'étranger ou en piratage potentiel.

Bien profond dans ton âme, un film français à fleur de bitume - DR

Bien profond dans ton âme, un film français à fleur de bitume - DR

Au menu de ce mois de décembre 2013: un tueur moustachu, une suite sacrilège, des enterrements de vies de jeunes filles qui dérapent, du zombie putride, de la comédie française avec du kung-fu et bien plus encore...

Un film bien profond

«C'est quoi ton prénom?
— Jacques
.
— Mais c'est un prénom de merde!

— Bah c'est pas très sympa pour tous les Jacques!»

Le dialogue surréaliste ci-dessus est tiré de la bande-annonce d'un film français au titre parfaitement délicieux: Bien profond dans ton âme, signé Jean Adrien, co-réalisateur d'un fanfilm bien foufou autour de Deadpool remarqué l'an dernier.

Dans le genre décalé, le pitch pioché sur Allociné se pose là également:

«Un matin, Jacques tombe dans une bouche d'égout qui se trouve être une porte vers un monde parallèle et onirique: un Paris plongé dans une nuit éternelle, peuplé de personnages décalés et dirigé par un empereur qui permet tous les excès.»

Clairement, on n'est pas chez Philippe Garrel. Le film sort théoriquement en salle ce mercredi 11 décembre –«théoriquement» puisqu'il ne devrait être visible qu'au Brady, fameux cinéma parisien. Sachant que l'équipe du film arrose copieusement YouTube de scènes coupées avant même la sortie du film (après tout, pourquoi pas, si elles sont toutes aussi timbrées que celle-ci), on espère qu'une sortie VOD imminente permettra au plus grand nombre de découvrir la chose dès que possible.

De la suite dans les idées de merde

On s'est pincé les yeux pour y croire, en découvrant tardivement la nouvelle via la page Facebook Forgotten Silver, mais il semblerait bien que l'impensable ait eu lieu: des producteurs sans scrupule ont osé mettre en branle une «suite» au Easy Rider culte de Dennis Hopper, film séminal du Nouvel Hollywood comme on dirait dans le genre de publications usant du terme «séminal».

Visiblement affrrreux, Easy Rider 2: The Ride Back sort en vidéo outre-Rhin ce mercredi 11 décembre. Réalisé par un certain Dustin Rikert dont la filmographie semble regorger de plaisirs plus ou moins coupables (un western avec Gary Busey et Adrienne Barbeau!), le film n'est pas un retitrage abusif (façon Top Gun 2 osé par un éditeur français sans scrupule) mais bien une «vraie» suite s'intéressant à la famille du personnage de Peter Fonda dans le film original.

Le film va jusqu'à embaucher un sosie troublant de l'acteur pour jouer aux côtés de Jeff Fahey (Machete) et Sheree J. Wilson, la copine de Chuck Norris dans Walker Texas Ranger. Classe jusqu'au bout.

Les copains d'abord

Sorti le 5 décembre aux Pays-Bas, le documentaire Ne me quitte pas réalisé par Sabine Lubbe Bakker et Niels van Koevorden suit les tribulations bien arrosées de deux potes belges, Marcel et Bob, dans ce qui se ressemble fort à la version longue d'un hypothétique reportage de Striptease. La presse internationale a plutôt bien accueilli la chose, et Indiewire compare le résultat à «un film qu'aurait fait Jim Jarmush sur deux amis alcooliques traînant dans les bois», allant même jusqu'à titrer son article en qualifiant Ne me quitte pas de «meilleure buddy comedy depuis des années».

Aucune info quant à la possibilité de voir le film prochainement en France.

Des robots de Malaisie et fuck you, Netflix

On connaît le goût pour les films fantastiques de Manuel Alduy, le sympathique boss du ciné chez Canal Plus, qui avait initié –pour le meilleur comme pour le pire– le label French Frayeurs il y a quelques années. On connaît désormais aussi son goût pour la comédie grâce à la super vanne qu'il a sortie à la revue hollywoodienne Variety à l'occasion d'un article sur Netflix, probable futur concurrent direct de la plateforme CanalPlay chère à Alduy:

«En France, le public a déjà accès à pléthore de films et séries à la TV et en VOD.»

Ah ah ah! On a pouffé en imaginant que, comparaison avec Netflix oblige, il fallait comprendre SVOD dans la déclaration –soit la VOD en illimité via un abonnement mensuel pour un catalogue pas tout frais. Le prenant au mot, on est donc allé voir les dernières nouveautés niveau films proposées par CanalPlay: chronologie des médias de 36 mois oblige pour la SVOD, le blockbuster le plus frais est Inception, de Christopher Nolan!

Dieu merci, le délai de 36 mois ne touche que les films sortis en salles, la porte est donc grande ouverte pour de plus récents direct-to-video de qualité, à l'image de notre pioche du jour dans les premiers choix proposés: Mantera, un film de SF de Malaisie avec des robots tueurs. Hum. Pendant ce temps, outre-Atlantique, Netflix vient d'ajouter à son catalogue le biopic sexy Lovelace moins de 4 mois après sa sortie (limitée) en salles –film qui, au passage, ne sort en France que le 8 janvier prochain.

«Un cauchemar d'enfants des 90's»

Struggled Reagans est un film s'inspirant «des Power Rangers et des cauchemars d'enfants des années 90», dixit son Facebook officiel. Soyons clairs, on n'a absolument rien compris au pitch de ce film WTF avec des sous-Bioman aux godemichets collés sur le casque.

Sa première mondiale a lieu ce mercredi 11 décembre au festival Another Hole in the Head à San Francisco. Avec un nom de festoche pareil, on parie qu'il y aura des gens qui comprendront le film dans le public.

Moustache de sang

Sorti ce mois-ci dans les bacs français, le film Bad Karma permet de retrouver deux acteurs désormais habitués à traîner devant la caméra de Uwe Boll, pourtant pas aux manettes ici: l'immense Ray Liotta (Les Affranchis) et le bovin Dominic Purcell, qu'on aura définitivement jamais trouvé bon, de Prison Break à Assault on Wall Street en passant par Blade Trinity –il trouve grâce à nos yeux dans le sympathique Blood Creek de Joel Schumacher, à la rigueur.

Pour tenter de pimper son jeu d'acteur inexistant, Purcell a décidé de tout miser sur l'originalité pilleuse et capillaire dans le Bad Karma de Suri Krishnamma, une histoire d'anciens partenaires criminels (l'un rangé, l'autre encore porté sur l'ultra violence) qui doit sans doute s'apprécier le samedi soir autour d'une bonne tablée de potes bourrés à la bière tiède.

Pourrie de chez pourrie

Etourderie oblige, on a omis de signaler le mois dernier la projection du film Thanatomorphose dans le cadre du ciné club parisien Panic!Cinema, qui a eu lieu le 23 novembre dernier. On se rattrape donc ce mois-ci puisque le film est désormais disponible en DVD outre-Manche (avec la pochette la plus immonde vue depuis un bail). Premier film du québécois Eric Falardeau, Thanatomorphose, en partie financé via des dons d'internautes, raconte comme une jeune fille va se mettre à pourrir de l'intérieur. Tout simplement. Un pitch qui rappelle le bien gerbant Contracted vu à l'Etrange Festival cette année, mais qui semble encore plus hardcore visuellement à en juger par les images promo de la chose.

Chick films, double dose

Jason Friedberg et Aaron Seltzer sont indiscutablement les cancers de la comédie américaine. L'image choquera sans doute de vrais malades de ce fléau qu'est le cancer, et on les comprend: qui voudrait avoir sa maladie comparée aux réalisateurs de Spartatouille, Disaster Movie et autres Mords-moi sans hésitation?

On parle ici du fond du fond de la parodie débile façon Scary Movie, en cent fois pire. Le genre d'horreurs à vous faire passer le Pas très normales activités de Maurice Barthélémy pour du Mel Brooks, quoi. Etrangement, le duo Friedberg/Seltzer revient avec une comédie «non parodique» et girly tourné en found footage intitulé Best Night Ever, sur un énième enterrement de vie de jeune fille à Las Vegas qui tourne mal. Pompant visiblement aussi bien Mes Meilleures Amies que Projet X, le film semble être le moins pire jamais commis par l'infâme duo et sera disponible en VOD outre-Atlantique le 26 décembre.

Autant dire que dans le genre «films de meuf», on préfère de loin se farcir le britannique Powder Room sorti outre-Manche le 6 décembre, avec à son casting une certaine Kate Nash –mais si, rappelez-vous, le tube Foundations en 2007, c'était elle. Depuis, cette chouette meuf a notamment rejoué en intégralité sur scène l'épisode musical culte de la série Buffy, ce qui en fait une déesse parmi nous autres pauvres mortels.

Has-been et morts vivants

Le réalisateur John Gulager a eu son quart d'heure de gloire circa 2005 dans feu le show TV Project Greenlight (en gros, la Nouvelle Star version cinéma produit par Ben Affleck et Matt Damon) qui a suivi la mise en branle de son premier film d'horreur, le sympathique Feast.

Depuis, Gulager a signé les deux suites direct-to-video de ce premier film, avant de réaliser en 2012 le totalement con Piranha 3DD, suite déjantée du film d'Alexandre Aja toujours inédite en France (ce qui est incompréhensible pour un film avec David Hassehloff proposant la scène de mort la plus jouissive de l'an passé).

Gulager plonge désormais dans les abysses du téléfilm SyFY avec Zombie Night, une production The Asylum diffusée en octobre dernier sur la chaîne et disponible en DVD import depuis quelques jours. On y croise quelques has-been sympathiques dont deux acteurs révélés par John Hughes: Anthony Michael Hall (Breakfast Club) et Alan Ruck (La Folle Journée de Ferris Bueller), bien entourés par Daryl Hannah (Blade Runner) et un paquet de bouffeurs de cervelles –du moins dans les limites du budget de ce World War Z où le monde serait réduit à un pavillon de banlieue californienne.

Alexandre Hervaud

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Journaliste
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