Culture

Avant sa mort, JFK a eu le temps de s'envoyer en l'air

Temps de lecture : 2 min

John et Jackie Kennedy débarquent à Dallas, le 22 novembre 1963. Musée Kennedy, domaine public

Quelques jours avant les cinquante ans de l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy, un journaliste américain s’est soudainement rappelé d’une confidence que l’historien et biographe du président William Manchester lui avait fait au milieu des années 1970: la veille de sa mort, le président des États-Unis avait passé un dernier moment galant en compagnie de sa femme, Jackie, à bord d'Air Force One, alors en plein vol.

Philip Nobile, le journaliste a qui Manchester a confié son petit secret, raconte en avoir eu vent il y a près de quarante ans, alors qu’il recherchait de quoi écrire un bouquin sur ce qu’il appelle pudiquement le «donjuanisme» de JFK —il était déjà de notoriété publique que quand le président couchait, c’était rarement avec sa femme. Un mythe que Manchester avait nourri indirectement dans son best-seller de 1967 Mort d’un président, compte-rendu détaillé des derniers instants de John Kennedy: le biographe y racontait comment le couple présidentiel avait fait chambre à part, la nuit précédant cette fatidique descente en décapotable de la Dealey Plaza, à Dallas, le 22 novembre 1963.

Un fait avéré, certes, mais «trompeur»: «Cela laissait entendre que le couple n’était plus proche», note le journaliste dans un article publié par le New York Post. Et pourtant, lui avait dévoilé l'historien ce jour-là, John et Jackie auraient bien passé un moment privilégié quelques heures plus tôt, pendant 45 minutes, entre San Antonio et Houston. Manchester avait alors fait promettre au journaliste de garder le secret jusqu’à sa mort (laquelle surviendra en 2004), mais avoua qu’il avait déjà sous-entendu la chose dans les pages de Mort d’un président, tout en subtils euphémismes:

«Leur vie à deux allait s’achever dans une journée. Ce fut cependant là leur dernière heure de sérénité. [...] Leur intimité était si limitée, confinée dans une petite cabine bleue, à 9.000 mètres au-dessus des plaines vertes et brunes du Texas... Leur temps était écoulé. Le Président reparut dans une chemise propre.»

Pour recueillir ce détail croustillant, il a fallu à Manchester passer «de nombreuses heures à carburer au daiquiri» avec l’ex-First Lady. Il ne pourra cependant en répéter davantage, Jackie ayant guère apprécié que leurs conversations aient servi à nourrir son livre.

Heureusement pour la postérité, Manchester aura eu la présence d'esprit, dix ans après les faits, de vendre la mèche à Philip Nobile, qui a lui-même scrupuleusement veillé à ne pas en parler avant la mort de Manchester, puis d'attendre encore neuf ans pour cracher le morceau, juste à temps pour redorer la fierté conjugale de JFK, quelque peu ternie pendant toutes ces années. Très récemment encore sortait JFK, le dernier jour, un récit où le journaliste du Nouvel Obs François Forestier ne se prive pas d’évoquer les turpitudes présidentielles, sans pour autant mentionner cette «dernière heure de sérénité».

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