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Le procès de Jésus était parfaitement légal

Crucifixion de Jésus / Gustave Doré via Wikimedia Commons / Domaine public

Vous avez peut-être déjà entendu parler de cette affaire judiciaire: un activiste influent, originaire de Nazareth, en Galilée, condamné à la peine capitale à l’issue d’un procès controversé, marqué par la vindicte populaire et les frasques du préfet en charge de l’affaire; procès qui a fait depuis l’objet de nombreux best-sellers et superproductions hollywoodiennes.

Le site espagnol 20minutos.es rapporte la sortie d’un essai de 300 pages qui tend à démontrer que le procès de Jésus, lequel a pris place à Jérusalem il y a environ 1.980 ans, s’est déroulé de manière parfaitement légale au regard du droit applicable à l’époque.

Très peu loquaces sur le sujet, les Evangiles n'ont jamais permis à eux seuls de trancher le débat sur la régularité du procès de Jésus, et pour cause: on ignore comment celui-ci s'est exactement déroulé, excepté des détails épars sur lesquels les exégètes divergent. Faute d'informations, le problème semblait apparemment insoluble. Pour en rassembler de nouvelles, notamment sur les règles en vigueur du temps de Jésus, il a fallu pas moins de vingt-cinq ans à José María Ribas Alba, professeur de droit romain à l’université de Séville et auteur de l’ouvrage.

Comme le rapporte The Local, le professeur José María Ribas Alba précise que le procès de Jésus était en réalité double, ayant été mené à la fois devant la juridiction suprême juive, le Sanhédrin, et le préfet de Judée Ponce Pilate selon une procédure dite de cognitio extra ordinem qui lui conférait à la fois les rôles de magistrat et juge. Pour autant, les chefs d’accusation des deux procès –respectivement blasphème pour les Juifs et lèse-majesté pour les Romains– n’étaient pas réellement distincts à l’époque. Le professeur rappelle:

«Les réflexions politiques et religieuses étaient alors confondues d’une façon très complexe à comprendre pour les gens d’aujourd’hui.»

La procédure qui en a résulté, malgré son caractère dual et la mauvaise réputation que l’Histoire lui a donné, «n'a pas été le résultat d'un comportement plus ou moins arbitraire camouflé sous des apparences juridiques», mais «d'un vrai procès tenu selon le droit de l'époque», explique l’étude.

José María Ribas Alba est loin d’être le seul à s’être intéressé à la question de la légalité du procès de Jésus, qu'il considère être «un des évènements les plus importants de l'Histoire»; pas plus tard que cet été, Le Monde relayait les démarches entreprises par un avocat kenyan devant la Cour internationale de justice pour faire reconnaître officiellement la responsabilité (entre autres) du préfet Pilate, de l’empereur Tibère, du roi Hérode, de l’Italie et d’Israël dans la crucifixion. Comme l’expliquait à l’époque un porte-parole de la CIJ, «il n’est même pas théoriquement possible pour nous de prendre un tel cas en considération».

Erratum: dans la version précédente de l'article, il était fait mention de la Cour pénale internationale là où il aurait fallu mentionner la Cour internationale de justice. La confusion a été corrigée.

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