Double XCulture

Blurred lines: la chanson la plus controversée de la décennie

Maïlys Masimbert, mis à jour le 14.11.2013 à 17 h 08

Capture d'écran de la vidéo de «Blurred Lines»

Capture d'écran de la vidéo de «Blurred Lines»

Il paraît peu probable que vous ayez pu passer à côté de Blurred Lines, la chanson de Robin Thicke qui a tourné en boucle tout l’été, se hissant même à la place de numéro 1 dans le classement des chansons de l’été 2013 selon le magazine Billboard.

Quand bien même vous auriez pu passer entre les mailles du filet, vous n’avez pas pu manquer les polémiques soulevées par cette chanson. Mais au cas où, voilà un petit résumé pour ceux qui ne voient toujours pas de quoi on parle.

En mars Robin Thicke, Pharrell Williams et le rappeur TI ont sorti la chanson Blurred Lines, avec des paroles et un clip pas des plus flatteurs pour la gent féminine.

Un mois après, une blogueuse américaine estimait que c’était «une chanson de viol», et le Daily Beast lui emboîtait le pas en expliquant que le titre de Thicke posait «le problème vieux comme le monde des hommes qui pensent que non veut dire oui».

Les débats ont continué tout l’été, charriant leurs lots de parodies plus ou moins fines –la «version fille» et à l’extrême opposé, celle de Sébastien Patoche–, pour finalement faire de Blurred Lines la chanson «la plus controversée de la décennie», estime The Guardian. Lily Allen y est aussi allée de sa critique avec Hard Out Here:

La dernière fois que la musique pop s’est retrouvée au coeur d'une telle polémique, c’était en 1985 grâce –ou à cause– de la montée en flèche du mouvement Parents’ Music Resource Center, créé par Tipper Gore, la femme d’Al. Elle avait réussi à ce qu’un autocollant soit appliqué sur tous les disques jugés non adaptés à des enfants. Le mouvement avait même fait supprimer un titre appelé Cop Killer (tueur de flic) d’un album du groupe Body Count.

Ce qui change pour la musique pop d’aujourd’hui, note The Guardian, c’est que cette fois, le mouvement ne vient pas d’un groupe de personnes plus âgées et/ou conservatrices, mais bien «des jeunes féministes», qui en ont marre de voir les femmes traitées comme de simples objets dans les clips et paroles des musiques actuelles. La critique vient de la génération qui est exposée depuis son enfance à la musique pop:

«Si la génération MTV a été la première à être exposée au pouvoir des clips musicaux, alors la génération YouTube est la première à comprendre ces vidéos dans le contexte des réseaux sociaux et du discours en ligne.»

Mais pour certains critiques musicaux, si c’est la chanson de Thicke qui se retrouve au centre de la polémique –qui a enflé à la suite de son duo avec Miley Cyrus aux MTV Video Music Awards– c’est aussi et surtout parce que le chanteur représente une «cible facile». C’est en tout cas l’avis de Maura Johnston, une critique américaine, qui ajoute:

«Il y a tellement de chansons en ce moment qui sont bien plus humiliantes pour les femmes.» 

Pour les associations étudiantes qui ont censuré la diffusion du titre dans 20 universités britanniques, c’est aussi parce que Thicke a valeur d’exemple rapporte The Independent. L’une des associations s’est expliquée:

«Quelques étudiants nous ont demandé pourquoi, si nous censurons cette musique, nous n'interdisons pas toutes les autres aussi, mais nous avons choisi celle-là pour l’exemple, parce qu’elle est très populaire.»

Quant au principal intéressé, il explique à longueur d’interview que sa chanson n’a rien de sexiste ni d’immoral, et qualifie les accusations d'incitation au viol de «ridicules» et précise même qu’il a écrit ce titre pour sa femme Paula Patton, rapporte la BBC. Et le chanteur de décrypter les paroles:

«Elle est ma ”bonne fille”, et je sais qu’elle le veut parce qu’on est ensemble depuis 20 ans.»

Maïlys Masimbert
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