Le Petit chaperon rouge: le conte aurait en fait plus de 2.000 ans

Little Red Riding Hood ornament. normanack via Flickr CC License by.

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Popularisé par Charles Perrault en 1697 dans Contes de ma mère l'Oye, le conte du Petit chapon rouge est une histoire populaire bien plus ancienne. Une étude publiée dans le journal en ligne PLOS One affirme même que ses racines remontent à il y a plus de 2.000 ans.

Pour démontrer son hypothèse, Jamie Tehrani, anthropologiste de l’université de Durham (Angleterre) et auteur de l’étude, a utilisé une méthode de biologiste appelée la phylogénie pour retracer les origines du conte. Elle consiste à classer les êtres vivants en fonction de leur lien de parenté.

«Les contes populaires représentent une excellente cible pour des analyses phylogénétique [l’étude des relations de parenté] parce qu’ils sont, presque par définition, des produits d’origine comportant des modifications», explique Jamie Tehrani.

En utilisant 72 variables comme le personnage principal et le méchant de l’histoire, les astuces utilisées par le méchant pour duper ses proies ou si ces dernières finissent dévorées ou non, l’anthropologiste britannique a retracé le cheminement suivi par le conte et l’a rapproché d’un autre intitulé Le loup et les sept chevreaux.

Populaire en Europe et au Proche-Orient, celui-ci raconte l’histoire d’un loup qui se fait passer pour la mère de sept chevreaux et les dévore. Bien que très proche de l’histoire du Petit chaperon rouge, les deux contes ont été identifiés comme différents jusque-là de par la nature et le nombre des personnages mis en scène. Pour Tehrani et d’autres chercheurs, les deux contes ont pourtant la même racine malgré leurs différences.

Ainsi, l’origine du Loup et des sept chevreaux remonte au IVe siècle av. J.-C. puisqu’elle est l’évolution de la fable du grec Esope, Le chevreau qui est dans la maison et le loup. Quant au Petit chaperon rouge, elle trouve sa forme la plus ancienne dans un poème du XIe siècle «rédigé en latin par un prêtre de Liège», comme l’écrivait en 1992 Jan Ziolkowski, professeur de latin médiéval et de littérature comparée à l’université d’Harvard.

«Que le Petit chaperon rouge ait évolué deux fois à partir du même point de départ suggère qu’il détient un puissant pouvoir d’appel qui attire notre imagination», note le chercheur. Peu importe qu’une fillette ou des agneaux soient dévorés, au final, les deux contes sont des guides de vie à l’usage des enfants. 

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