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La fuite des danseurs cubains vers les Etats-Unis

Charlotte Pudlowski, mis à jour le 05.11.2013 à 16 h 47

Un membre du Ballet National de Cuba à La Havane, le 28 avril 2004. REUTERS/Claudia Daut CD

Un membre du Ballet National de Cuba à La Havane, le 28 avril 2004. REUTERS/Claudia Daut CD

Les atouts dont dispose Cuba, la dictature des Castro aimerait les préserver. Ses danseurs du Ballet national en font partie. Pour décourager leur départ, les autorités font en sorte que les tournées dans le monde soient limitées, et insistent auprès des plus jeunes sur le fait que dans le monde capitaliste, trouver un travail en tant que danseur peut être extrêmement difficile, des rumeurs circulent selon lesquelles les danseurs qui émigrent se retrouvent toujours serveurs: impossible de vivre de leur art. Mais cela n’a pas empêché sept d’entre d’eux de quitter leur pays au printemps dernier, pour s’installer aux Etats-Unis.

Le New York Times consacre un article à ces artistes qui se sont échappés lors d’une tournée au Mexique, laissant derrière eux tout ce qu’ils connaissaient. La défection intervient après celle de cinq danseurs de la compagnie en 2011, qui avaient décidé de rester au Canada alors qu'ils s'y trouvaient lors d'une tournée.

Ces artistes s’inscrivent dans une longue lignée de danseurs qui quittent l’île dictatoriale depuis des décennies, offrant aux Etats-Unis et au reste du monde des stars comme Lourdes Lopez, née à La Havane avant de devenir danseuse au New York City Ballet puis directrice du Miami City Ballet ou Carlos Acosta, danseur au Royal Ballet britannique depuis 1998.

«L’entraînement [du Ballet national de Cuba] est de premier ordre, produisant des stars pouvant réaliser des pirouettes et des sauts avec des attaques explosives, mais dont la musicalité dégage une langueur chatoyante», écrivait le Guardian en 2000 dans un article consacré à l’histoire de ce ballet. «Le public pour lequel il danse est aussi très particulier. Les bas prix des places et l’absence d’offre culturelle a élevé le ballet au rang de divertissement national.»

Mais la compagnie de Cuba résiste à toute innovation. Si tous les danseurs émigrés se félicitent de la rigueur de leur formation, les derniers arrivés au printemps parlent néanmoins de stagnation, voire de blocage. Giselle et le Lac des Cygnes restent les incontournables, des pièces plus modernes ne sont jamais montées. Les danseurs émigrent pour quitter Cuba, mais ils émigrent aussi pour évoluer. Josué Justiz qui fait partie de ces danseurs explique ainsi au New York Times: «Il n’existe pas qu’une seule manière de danser ou de se mouvoir, il y en a des millions, et je peux enfin les apprendre.»

Les derniers arrivés s’épanouissent déjà dans leurs nouvelles compagnies. Arianni Martin, l’une des danseuses arrivées au printemps, s’apprête à jouer le rôle titre de Cendrillon, de Prokofief, au sein de l’Arizona Ballet.

Charlotte Pudlowski
Charlotte Pudlowski (741 articles)
Rédactrice en chef de Slate.fr
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