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Mort de Lou Reed: (ré)écoutez «le plus grand disque jamais enregistré dans l'histoire du tympan humain»

Jean-Marie Pottier, mis à jour le 27.10.2013 à 23 h 55

Et ce n'est pas «The Velvet Underground & Nico», ni «Berlin», ni «Transformer».

Détail de la pochette de «Metal Machine Music».

Détail de la pochette de «Metal Machine Music».

Apprendre la mort de Lou Reed donne envie de relire ses légendaires «entretiens» (les guillemets sont de rigueur: pugilats? combats à mort?) avec le critique Lester Bangs dans les années 70.

Le premier, de 1973, comme le second, de 1975, sont tous deux disponibles en ligne.

Comme l'écrivait Bangs en ouverture de ce deuxième texte:

«Quel autre artiste rock accorderait une interview à l'auteur de cet article, donnerait son approbation au dégueulis de vitriol qui en résulte, puis l'inviterait pour un match retour parce que, bien sûr, il est tellement maso qu'il a apprécié la hache plantée dans son dos?»

De la même façon qu'un bon plat s'accompagne forcément d'un bon vin, nous vous conseillons de relire ces textes avec la bande-son appropriée: Metal Machine Music.

Pour ceux qui n'ont jamais écouté ce double album (quatre pistes, d'un peu plus de quinze minutes chacune), l'expérience est à peu près équivalente à passer une heure dix dans le fauteuil du dentiste avec la roulette en train de vous pénétrer une molaire (de temps en temps, on entend aussi des cris d'animaux, assez proches de ce qu'on imagine être la mouette rieuse et le chat de Gaston Lagaffe en pleine bataille). Pour ceux qui l'ont déjà écouté, c'est pareil: on ne s'habitue jamais à Metal Machine Music.

Sauf, éventuellement, quand on s'appelait Lester Bangs, toujours lui, qui avait consacré au disque, dans les colonnes du magazine proto-punk Creem, ce qui est sans doute la chronique de disque la plus hilarante que j'aie jamais lu. Morceaux choisis (précision: la traduction est de ma plume, n'ayant pas sous la main la VF qui en a été tirée pour le recueil Psychotic réactions et autres carburateurs flingués. Toutes les erreurs de traduction me sont donc entièrement imputables, ainsi qu'à Metal Machine Music, que j'écoutais évidemment en rédigeant ce papier):

«Je réalise que n'importe quel idiot avec l'équipement adéquat aurait pu enregistrer cet album, y compris moi, vous ou Lou. C'est une des raisons principales pour lesquelles je l'aime autant.»

«Je prend Metal Machine Music tous les jours, comme des vitamines.»

«Tous les propriétaires sont des connards hypocrites qui laisseraient les ruines de Pompei tomber sur votre lit avant de lever le petit doigt. Ils méritent ce qui risque de leur arriver, et MMM est l'astuce ultime et indémodable pour rompre son bail. Tous les locataires des Etats-Unis devraient posséder une copie de cet album. Aux armes!»

«C'est le plus grand disque jamais enregistré dans l'histoire du tympan humain. Numéro deux: Kiss Alive

Jean-Marie Pottier
Jean-Marie Pottier (942 articles)
Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).
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