Culture

Les meilleures citations de Lou Reed

Temps de lecture : 2 min

Sur lui-même, sur le rock et sur les autres, celui qui savait terroriser les journalistes lâchait des répliques définitives.

Lou Reed à Malaga, en 2008. REUTERS/Jon Nazca.
Lou Reed à Malaga, en 2008. REUTERS/Jon Nazca.

Quand on relit les interviews de Lou Reed, disparu ce dimanche 27 octobre, on se dit qu'il devait être à la fois un bon et un mauvais client.

Un mauvais, parce qu'il pouvait vous terroriser d'une réplique sèche ou d'une rebuffade (il suffit de relire cette interview-malaise accordée au Guardian en 2003). Un bon, parce qu'il pouvait aussi lâcher quelques flèches bien senties, quelques aphorismes ou sentences hilarantes sur son oeuvre, celle des autres ou le rock en général. Petite sélection subjective et éclectique extraite d'entretiens, d'apparitions publiques ou de textes qu'il a signés.

Sur lui-même

« - Vous décririez-vous comme une personne décadente?
- Non.
- Comment vous décririez-vous?
- Ordinaire.
»

Interview à l'aéroport de Sydney en 1974

«Ma semaine vaut davantage que votre année.»

Dans les notes de pochette de Metal Machine Music.

«Donnez-moi un problème de société, je vous donnerai un mouchoir [jeu de mots intraduisible en français: «Give me an issue, I'll give you a tissue», ndlr] et vous pourrez me torcher le cul avec.»

Lou en plein dialogue constructif avec son public sur l'album live imbibé Take No Prisoners, en 1978.

«Vous connaissez l'expression "Dieu protège les fous et les ivrognes?" Les deux marchent pour moi.»

Dans un texte publié par Esquire en 2000

«- Je tire mon énergie de la colère.
- Autant qu'avant?
- Oh, j'ai suffisamment de colère pour tenir encore longtemps. C'est dans chaque cellule de mon corps.»

Sur la colère comme moteur créatif

Sur les autres

«Où est Doug Yule?
- Mort, j'espère.
- Wow, j'ai été au lycée avec Doug Yule, vous ne pouvez pas dire ça!
- Si, je peux le dire, mais je ne le pensais pas.»

A propos de son ancien collègue du Velvet Underground, dans une interview à la radio américaine WLIR fin 1972.

«David est brillant et Iggy est... stupide. Très gentil mais très stupide. Il n'est même pas une bonne imitation d'un mauvais Jim Morrison, et il n'a jamais été bon de toute manière.»

A propos de Bowie et Iggy Pop, dans une interview avec Lester Bangs

«C'est probablement la personne la moins talentueuse que j'ai entendue de ma vie. C'est un universitaire prétentieux et au rabais, et il ne peut pas jouer du rock'n'roll, parce que c'est un loser.»

Sur Frank Zappa

«Je n'aime pas la nostalgie, sauf quand c'est la mienne.»

Après avoir entendu Shoot The Singer de Pavement, groupe qu'il a énormément influencé

Sur le rock

«Vous ne pouvez pas faire mieux que deux guitares, une basse et une batterie.»

Dans les notes de pochette de New York.

«Un accord, c'est bien. Deux accords, vous poussez un peu. Trois accords, c'est du jazz.»

Sa définition du rock, qui en vaut bien d'autres.

«Si Dieu s'amenait demain et me disait: "Tu veux être président?". Non. "Tu veux être avocat?". Non. "Qu'est-ce que tu veux être?". Guitariste rythmique.»

Lou Reed a toujours préféré les musiciens aux présidents.

«C'était vraiment, vraiment fun. J'essayais de créer le solo de guitare ultime. Et je ne voulais pas être enfermé dans un rythme de batterie particulier, ou un motif ou un accordage particulier, c'était ça l'idée. Juste des guitares, des guitares, des guitares.»

Sur l'enregistrement de Metal Machine Music, dans une interview au site The Quietus

Sur les drogues

« - Je ne prends pas de drogues.
- Aucune drogue?
- Je tiens à la vie.
[...]
- Dans quoi dépensez-vous votre argent?
- Dans les drogues.
»

Interview à l'aéroport de Sydney en 1974

«Je prends des drogues uniquement parce que, au XXème siècle, dans une ère de technologie omniprésente, quand vous vivez en ville, il y a certaines drogues que vous devez prendre juste pour rester normal comme un homme des cavernes. Juste pour vous faire remonter ou redescendre pour atteindre l'équilibre, vous avez besoin de prendre certaines drogues. Elles ne vous feront pas forcément planer, elles vous rendront juste normal.»

Sur la drogue, au Guardian

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François Pottier et Jean-Marie Pottier

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