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Les cinq chansons pour lesquelles je pleurerai Lou Reed

Jean-Marie Pottier, mis à jour le 27.10.2013 à 20 h 25

Non, il n'y a pas que «Walk on the Wild Side».

Détail de la pochette de «Street Hassle» (1978)

Détail de la pochette de «Street Hassle» (1978)

Dans les heures à venir, vous devriez beaucoup entendre Walk on the Wild Side à la radio et voir la chanson tourner sur les réseaux sociaux: selon les informations de Rolling Stone, confirmées depuis par le Guardian, Lou Reed vient de mourir, à l'âge de 71 ans. Vous entendrez peut-être aussi Sunday Morning du Velvet Underground, d'autant que Lou a tiré sa révérence un dimanche.

Mais sa discographie ne se réduisait évidemment pas à ces seuls tubes, aussi beaux soit-il (beauté d'ailleurs contestée: on connaît des gens qui auraient souhaité que le saxophone n'ait jamais été inventé après l'écoute de WOTWS), ni aux deux chef-d'oeuvre qui l'ouvraient, Transformer et Berlin. Voici une sélection, évidemment totalement subjective, des cinq perles plus ou moins cachées que j'ai eu envie de réécouter à l'annonce de sa mort.

Pale Blue Eyes (sur le troisième Velvet Underground, 1969): le meilleur album du Velvet et donc, par voix de conséquences, un des plus grands chefs-d'oeuvre de l'histoire du rock. Et une ballade parfaite, avec son ambiguïté si reedienne («Sometimes I feel so happy, sometimes I feel so sad»), qui a influencé toute la scène indie des années 80, qui n'a cessé de s'y mesurer, de R.E.M. à Ian McCulloch.

Ennui (sur Sally Can't Dance, 1974): là encore, ceux qui n'ont pas été rebutés par une pochette atroce ont découvert une ballade parfaite, tout sucre en dehors, tout venin en dedans (une constante de sa carrière: rappelons la rumeur selon laquelle la banane du premier album du Velvet dissimulait du LSD).

Street Hassle (sur l'album éponyme, 1978): une mini-symphonie en trois parties qui donne son-titre à un de ses albums les plus sous-estimés. Ces dernières années, on l'avait notamment entendu illustrer parfaitement le beau film de Noah Baumbach Les Berkman se séparent.

Romeo Had Juliette (sur New York, 1989): pas tant pour la musique, même si l'album fait partie de ses plus grandes réussites et porte le nom d'une ville qui lui est indissolublement liée, que parce que le texte synthétise à la perfection son talent de songwriting, avec ce début de chanson qui sonne comme l'incipit d'une nouvelle. «Caught between the twisted stars, the plotted lines, the faulty map that brought Columbus to New York...»

Hello It's Me (sur Songs from Drella, 1990): la chanson qui conclut l'album des retrouvailles avec l'ancien complice John Cale, pour un hommage au maître Andy Warhol, disparu trois avant. A la réécoute aujourd'hui de cette ballade douce-aigre, on peut bien sûr changer le prénom, ça marche aussi:

«Oh well, now Andy, guess we've got to go
I wish some way somehow you like this little show
I know it's late in coming but it's the only way I know
Hello it's me.

Goodbye Andy»

Jean-Marie Pottier
Jean-Marie Pottier (944 articles)
Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).
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