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Le meilleur clip d’Arcade Fire est un extrait de film (mais pas celui-là)

Temps de lecture : 2 min

Pour le clip du deuxième extrait de son nouvel album Reflektor, Afterlife, Arcade Fire a choisi d'utiliser des images du film Orfeu Negro, dans lequel le cinéaste français Marcel Camus transposait dans le Brésil novo (la musique était signée Antonio Carlos Jobim et Luiz Bonfa) le mythe d’Orphée et Eurydice, thème central du nouvel album des Canadiens.

Si le film, Palme d’or à Cannes en 1959, jouit d’une réputation flatteuse quelque peu usurpée (Orfeu Negro, c’est «le Brésil vu de Billancourt», avait écrit méchamment Godard à l’époque de sa sortie), le clip est plutôt plaisant —mais pas renversant, un peu comme la chanson.

Et il rappelle, au passage, que les chansons d'Arcade Fire ont déjà inspiré à plusieurs reprises les cinéphiles. En 2007, à la sortie de Neon Bible, plusieurs d'entre eux avaient ainsi mis en ligne des montages des singles Intervention et My Body Is The Cage sur des images du Cuirassé Potemkine, La Fille sur le pont, Blade Runner, Il était une fois dans l'Ouest ou encore Rusty James.

Absolument superbe, le clip dérivé du film de Coppola (qui a recueilli autant de vues YouTube en six ans que celui sur Orfeu Negro en moins d'une journée...) faisait rimer à la perfection le lyrisme d'Intervention et la scène où le Motorcycle Boy (Mickey Rourke, d'une classe invraisemblable à l'époque) vient à la rescousse de Rusty James (Matt Dillon).

En 2010, pour la sortie de The Suburbs, David Honnorat, du site Vodkaster, avait lui réalisé un joli montage de la ballade Suburban War sur la scène de fin de Breakfast Club de John Hugues —celle du monologue à cinq voix et du poing levé vers le ciel de Judd Nelson: «Sincerely yours, the Breakfast Club».

En sortant ce clip, Arcade Fire se met, en quelque sorte, au niveau de son public: rien de plus facile (et de plus difficile à la fois) que plaquer cinq minutes de film sur une chanson. Vous pouvez ne pas aimer ce nouveau clip, comme pouviez ne pas aimer celui, signé du célèbre vidéaste Anton Corbijn, de Reflektor. A la différence près que là, vous pouvez facilement tenter de faire mieux dans le même style. Pourquoi pas avec l'Orphée de Cocteau, par exemple?

Jean-Marie Pottier Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).

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