CultureCulture

Arrêtez de vandaliser notre patrimoine ou de le pourrir avec des tags (moches)

Caroline Piquet, mis à jour le 28.10.2013 à 12 h 36

Le buste de l’écrivain Nestor de Tière à Schaerbeek en Belgique, le 18 octobre 2009.  Stéphane Mignon via Flickr CC License by.

Le buste de l’écrivain Nestor de Tière à Schaerbeek en Belgique, le 18 octobre 2009. Stéphane Mignon via Flickr CC License by.

Le patrimoine culturel du monde entier attire les touristes et amoureux de l’art, mais pas que. Vandalisme et tags (moches) pourrissent régulièrement les plus belles œuvres. Dans un article intitulé «Don’t tag me bro» («Ne me tague pas frangin»), le Web Urbanist établit un top 9 des monuments les plus vandalisés.

Le Sphinx de Gizeh, par exemple, est l’un des monuments les «plus mutilés par le vandalisme et gâché par des tags». Mais qui a cassé le nez le plus célèbre de l’histoire de l’art?

Le Spinx de Gizeh. JackVersloot via Flickr CC License by

Selon Tom Holmberg de Napoleon Stories, ce ne sont pas les soldats de Napoléon Bonaparte, comme le prétend la légende urbaine qui court au moins depuis le début du XXe siècle. En fait, la face du Sphinx fut endommagée en 1378 par Mohammed Sa'im al-Dahr, un «sufi fanatique» qui finit lynché par les habitants des environs, selon un article d’Ulrich Haarman publié dans le Bulletin de l'école des études orientales et africaines de l'université de Londres en 1980.

Plus près de chez nous, les catacombes de Paris, qui abritent environ six millions de dépouilles anonymes, sont aussi concernées. Selon le blogueur Michael Gakuran, ce lieu dédié à l’art regorge de graffitis ou de peintures d’artistes «cataphiles».

La grande vague de Kanagawa de l’artiste japonais Hokusai (via Gakuran)

Une autre peinture célèbre est ce nu féminin.

Ca aussi, c’est beau. (via Gakuran)

Malheureusement, difficile de contrôler ce vaste réseau de 380 km creusé dans le calcaire, que parfois certains «dégradent et taguent», comme le confiait en 2010 à Rue89 le commandant Didier Mauger, de la brigade spécialisée d’intervention dans les souterrains.

Sérieusement, c’est beau ça? (via Annainwanderland)

Pire, les catacombes ont été sauvagement vandalisées en 2009, comme le déplorait le directeur du musée Carnavalet et des catacombes Marc Léri au Parisien:

«Ceux qui ont fait cela ont détruit les empilements d'ossements tous les 20 mètres sur quelque 300 mètres de galerie, profitant de l'occasion pour casser une lampe ou arracher un morceau de sculpture. Incompréhensible et révoltant. Sans parler du caractère extrêmement dangereux de ces dégradations, qui auraient pu provoquer un éboulement.»

Mais l’un des bronzes les plus dégradés au monde est La Petite Sirène d’Edvard Eriksen, symbole et principale attraction du port de Copenhague (Danemark) selon le Copenhagen Post. La voici telle qu’elle fut inaugurée en 1913:

La petite sirène. News Oresund via Flickr CC License by

Depuis 1964, elle est régulièrement décapitée, son bras droit a été scié et, en 2003, des hommes ont tenté de la retirer de son socle avec des explosifs, selon le Web Urbanist.

Voilà voilà (via Meanwhile in Danemark)

On ne compte plus également le nombre de fois où La Petite Sirène a été repeinte:

 

Soupir (via Xinhuanet News)

En 2006, conclut le Web Urbanist, les autorités de la ville ont annoncé qu’elles souhaitaient mettre en place un plan pour éloigner le bronze du rivage, pour décourager le vandalisme. Elles ne l'ont jamais mis en œuvre… de peur d’encourager un peu plus les dégradations.

Caroline Piquet
Caroline Piquet (60 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte