Pourquoi le livre numérique et l'édition papier devraient être vendus ensemble

- 2013. REUTERS/Max Rossi -

- 2013. REUTERS/Max Rossi -

La consultation de la presse au format numérique remplace-t-elle la lecture de la version imprimée? Une nouvelle étude, réalisée par le Syndicat des éditeurs de presse magazine (SEPM) répond que non. C’est l’avis d’une majorité de Français, qui utilisent les deux supports.

«78% des sondés considèrent la consultation de la presse à la fois en version imprimée et en version numérique comme un facteur de liberté, 76% l’associent à des contenus enrichis et 74% apprécient le partage d’information», explique Livres Hebdo, qui rapporte l’étude. 

«Les lecteurs utilisant les deux supports recherchent dans l'imprimé le "plaisir du papier" (pour 92% d’entre eux), tandis que leurs motivations pour l’utilisation de la version numérique sont l’esthétique (68%), l’aspect pratique (57%) et le partage (53%).»

Les éditeurs de livres devraient s’inspirer de cette étude, car il en va exactement de même que pour la presse. L’évidence serait de proposer une offre couplant livre papier et numérique. Qui a envie de se trimballer dans son sac un livre de cette taille pour le lire dans le métro?

800 pages. 800 pages formidables, mais qui vont complètement à l'encontre de toutes les unes de l'Express sur le mal de dos.

Certes vous pouvez l'acheter au format numérique, et l'emporter avec vous n'importe où. Mais vous ne profiterez pas de cette couverture magnifique: 

Il ne trônera pas sur vos étagères, vous ne vous remémorerez pas l'histoire tous les soirs en rentrant chez vous, quand votre regard se posera sur votre bibliothèque. Vous n'aurez pas non plus eu le luxe de le lire sur papier, ce qui reste, à l'heure actuelle, moins fatigant pour les yeux et plus agréable après douze heures passées devant un écran au bureau.

Et quand vous le prêterez à votre mec ou à votre collègue, il n'aura pas le plaisir de voir toutes vos petites notes griffonnées et les pages écornées, et même la petite tâche de gras qui montre que vous avez mangé un McDo, alors que vous aviez promis de ne plus y aller, parce que c'est dégoûtant.

Mais avez-vous franchement envie de payer 40,27 euros (prix du format Kindle et du format papier additionnés), soit l'équivalent de quatre places de cinéma? Ou d'un billet pour Amsterdam? 

C'est pourquoi la vente couplée est la seule option décente. La seule manière intelligente de s'adapter au numérique et d'en faire simplement une raison de plus d'acheter un livre. 

C'est ce que propose par exemple la start-up Paperus, qui a mis en place une offre groupée et séduit Fleurus, Eyrolles et Gallimard, qui proposent leurs titres sur la plateforme. Le site explique comment acquérir, chez le libraire, après avoir acheté un livre, une copie numérique pour quelques euros supplémentaires: 

«Concrètement, lorsque vous acceptez d'acquérir cette fameuse copie numérique pour 1€ euro de plus, votre libraire vous remet un ticket de caisse agrémenté d'un code de téléchargement. Cliquez ci-dessous sur "ajouter un livre" et saisissez votre code pour accéder à votre contenu».

Si l'offre est encore réduite, elle va néanmoins dans le bon sens, comme quelques autres initiatives...

Le problème est que cette vente couplée est un casse-tête juridique, comme l'expliquait le site Actualitté en septembre dernier: «La vente couplée signifie que l'on va commercialiser une offre tierce de livre papier+numérique, en faisant cohabiter un prix papier unique et un prix numérique unique». Un procédé contradictoire avec le prix unique du livre... D'où le titre d'Actualitté: «La vente couplée papier et numérique, illégale selon le droit français».

Il est grand temps de mofifier cette loi.