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On ne s'arrêtera pas à Roth pour faire pipi

Charlotte Pudlowski, mis à jour le 10.10.2013 à 16 h 08

Philip Roth à New York le 15 septembre 2010. REUTERS/Eric Thayer

Philip Roth à New York le 15 septembre 2010. REUTERS/Eric Thayer

Comme tout journaliste culture français qui se respecte, j'adule Philip Roth. Pas au point des Inrocks, hein, faut pas déconner. Mais quand même, j'espérais un peu qu'il gagnerait le prix Nobel de littérature. (J'espérais aussi que ce serait une femme. Chacun ses contradictions.)

Donc j'avais fait mes devoirs, relu des morceaux de livres et d'entretiens, au cas où.

Et j'étais retombée sur un passage de La Contrevie, que je voulais partager avec vous. C'est Zuckerman, personnage d'écrivain récurrent chez Roth, son éternel double, qui lance:

«Si vous écrivez trente livres, que vous obtenez le prix Nobel et que vous vivez assez longtemps pour voir blanchir vos cheveux et atteindre le cap des quatre-vingt-quinze ans, il est hautement improbable, mais pas impossible, qu'après votre mort on décide d'attribuer votre nom à une aire de repos sur l'autoroute du New Jersey. Ainsi, longtemps après votre mort, on pourra certes se souvenir de vous, mais ce seront essentiellement des petits-enfants, à l'arrière des voitures, qui se pencheront vers l'avant pour dire à leurs parents: "Est-ce qu'on pourrait s'arrêter à Zuckerman, il faut que je fasse pipi?”»

En attendant, les enfants iront faire pipi à Munro.

Charlotte Pudlowski
Charlotte Pudlowski (741 articles)
Rédactrice en chef de Slate.fr
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