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L'or des fans pour le film des Mystérieuses cités d'or

Laszlo Perelstein, mis à jour le 08.10.2013 à 17 h 58

Esteban, Zia et Tao à la recherche de fans et de fonds pour un film sur leurs aventures

Affiche des Mystérieuses cités d'or, la série de 1983.

Affiche des Mystérieuses cités d'or, la série de 1983.

Annoncé le 20 avril dernier lors du festival Cartoonist de Nice, les Mystérieuses cités d’or vont avoir droit à un film. L’équipe a lancé le projet sur un tout nouveau site de financement participatif, FansFunding, le 28 septembre, à l’occasion des 30 ans de la série franco-japonaise. Il est possible de donner depuis le 7 octobre.

Pour ceux qui ont oublié, les Mystérieuses cités d’or (Esteban, le fils du soleil en japonais) racontent les aventures de trois jeunes enfants, Esteban, Zia et Tao, partis en quête des fameuses cités en Amérique du Sud et centrale. 

C’est uniquement à la série originelle que se raccroche le futur film, même si l’histoire se poursuit au cours d’une deuxième saison en cours de diffusion sur TF1. Cette dernière a d’ailleurs capté toute l’attention des fans et parfois même leur colère. Une aubaine pour Virgile Auffray, auteur du dossier de pré-production, qui espère attirer ainsi les déçus de cette nouvelle saison.

Générique de la série originelle Les Mystérieuses cités d'or.

D’autant plus que le projet sera présenté sous forme la forme de «deux à trois» films-live d’une durée minimum de 2h. Les héros seront donc incarnés par des acteurs en chair et en os, en rupture avec le style dessin animé adopté jusqu’à présent. On utilise cette expression pour qualifier les adaptations d’œuvres dont il existe déjà un visuel, comme les bandes-dessinés (comme Astérix) ou les jeux vidéo (comme Tomb Raider). 

Pour les exemples récents, il faut se tourner du côté du Dernier maître de l’air ou de Dragon Ball Evolution. Même si ce dernier serait plutôt «l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire», commente Virgile, tant il a déplu aux fans.

Ce sont d’ailleurs eux qui sont mis à l’honneur dans ce projet de financement participatif via le site FansFunding. «On aurait pu passer par un site existant, mais on a voulu mettre en avant les fans», explique à Slate Virgile, à l’origine de l’idée.

Financer le projet, c’est rejoindre également sa création. C’est là que FansFunding se démarque des sites comme Kickstarter ou Ulule. «Chaque pack financé donne accès aux coulisses du film et une voix au comité des fans», précise Virgile. C’est-à-dire le droit de participer aux débats, de voter pour certaines orientations dans le scénario ou encore d’accéder aux essais lors du casting qui aura lieu en 2014 ou au dossier de pré-production. Un accès garanti dès le financement du premier pack, «Esperanza», du nom du navire de l'Armada espagnole sur lequel Esteban embarque, à hauteur de 30 euros.

«L’avis des fans est très important, ce sont les gardiens de l’authenticité du film, qui sera le reflet de leur choix», commente Virgile.

Après 30 ans d’existence, les Mystérieuses cités d’or peuvent compter sur une communauté «d’environ 400.000 fans en France, un million si on compte aussi l’étranger», estime Raphaël Benoliel (Firstep, co-producteur de Minuit à Paris notamment).

Sur le site FansFunding, la somme récoltée est indiquée mais la jauge est fixée en fans, elle indique 5.000.

«On s’inscrit dans une démarche différente,», précise Raphaël. La somme récoltée servira en effet essentiellement à financer le projet Hors-champ, une série documentaire type making-of qui permet aux fans ayant participé à l’aventure de suivre les coulisses du projet presqu’en même temps que l’équipe.

S’il espère viser plutôt 15.000  fans à terme, Raphaël Benoliel sait qu’il ne pourra pas compter sur leur argent pour financer entièrement son idée. «Il ne faut pas compter moins de 50 millions de dollars» par film, estime celui qui a participé à la production de la production hollywoodienne à 61 millions de dollars, Les Misérables.

Quand on lui demande de citer des exemples à éviter, à l’image de Dragon Ball Evolution pour Virgile Auffray, Raphaël Benoliel préfère citer des modèles, «les adaptations d’Harry Potter et du Seigneur des Anneaux» en tête tant elles ont plu aux fans. 

Laszlo Perelstein
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