Culture / Culture

Voitures, salopes, légumes: de quoi parlent le plus les rappeurs?

Temps de lecture : 2 min

Le rappeur Lil Wayne en 2011. REUTERS/Mario Anzuoni
Le rappeur Lil Wayne en 2011. REUTERS/Mario Anzuoni

Les paroles de rap ont toujours été pleines d’enseignements: quoi de mieux que d’étudier les figures de style avec les morceaux de Booba ou de renforcer sa grammaire grâce à un clip des Lonely Island?

Pour percer à son tour tous les secrets des paroles de rap, le site Rap Genius a créé RapStats, un outil qui permet de visualiser l’évolution des thèmes et des tendances du rap américain –la fête, la drogue, la politique– grâce aux chansons des rappeurs.

En rentrant n’importe quel mot («salope», «argent», «coke» ou «courgettes») dans leur outil de recherche, il est possible de voir la fréquence de son utilisation de 1988 à aujourd’hui.

Par exemple, RapGenius s’est amusé à retracer l’histoire du «twerk»:

Le graphique montre que la première apparition du mot dans des paroles de rap remonte à 1993. Longtemps réservée aux initiés, cette danse du fessier s’est ensuite popularisée à partir de la fin des années 2000, jusqu’à la prestation controversée de Miley Cyrus aux Video Music Awards.

Par ailleurs, si vous avez toujours voulu savoir si les rappeurs parlent plus de voitures ou de drogues dans leurs chansons, RapStats permet aussi de comparer plusieurs mots en même temps.

Par exemple, vous vous souvenez peut-être des célèbres paroles d’A$AP Rocky, «Pussy, money, weed / That’s all a nigga need» (chatte, argent et herbe, c’est tout ce dont un négro a besoin). Désormais, il est possible de savoir de quoi les rappeurs ont vraiment besoin:

La réponse, sans surprise, est «money». Le bling bling a toujours été un élément central du rap, mais récemment, le name-dropping de créateurs et marques de luxe a atteint des records, notamment avec l’album Watch The Throne de Jay-Z et Kanye West.

L’article de RapGenius fournit plein d’autres exemples, mais vous pouvez aussi faire vos propres recherches. Par exemple, nous avons essayé de voir l’évolution de l’expression «no homo»«ce bout de phrase qui expurge tout discours d'un possible double-sens homosexuel», nous expliquait Jonah Weiner en 2009:

On voit que le terme apparaît en 1999, mais que la fréquence de son utilisation décolle à partir de 2005. Ironiquement, c’est à ce moment-là que Kanye West s’en était pris à l’homophobie, exhortant ses amis rappeurs à ne plus employer l’expression «no homo».

On a aussi voulu savoir de quelle star féminine les rappeurs parlaient le plus, entre Mariah Carey, Kim Kardashian, Britney Spears, Rihanna et Miley Cyrus. Réponse: Mariah Carey tient bien la durée depuis 1991, mais Rihanna est de loin celle qui fait l’unanimité:

Enfin, une autre statistique qui fera sans doute plaisir à Michelle Obama: depuis le milieu des années 1990, l’utilisation des mots «légumes» et «carottes» est en constante augmentation.

Anaïs Bordages Journaliste

Newsletters

«Matrix», l'allégorie trans des Wachowski

«Matrix», l'allégorie trans des Wachowski

Matrix sortait il y a vingt ans et pas mal de gens n'y comprenaient rien. D'autres y voyaient déjà une métaphore trans, préfigurant le changement de genre des deux réalisatrices.

«Synonymes» à l'assaut d'une impossible identité

«Synonymes» à l'assaut d'une impossible identité

En force et en vitesse, le troisième long-métrage de Nadav Lapid déclenche une tempête burlesque dans le sillage d'un jeune Israélien exilé volontaire à Paris.

Les convives au grand débat à l'Élysée, accessoires à la mise en scène de Macron

Les convives au grand débat à l'Élysée, accessoires à la mise en scène de Macron

La rencontre organisée par le président rappelle les entretiens entre Diderot et Catherine de Russie où le penseur ne servait que de caution à une souveraine déterminée à n'en faire qu'à sa tête.

Newsletters