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A qui appartient Sherlock Holmes?

Maïlys Masimbert, mis à jour le 01.10.2013 à 12 h 59

Sherlock Holmes. Dynamosquito via FlickrCC License by

Sherlock Holmes. Dynamosquito via FlickrCC License by

Les copyrights sur les histoires de Sherlock Holmes devraient-ils être levés? Ah! Si seulement il était là, le célèbre détective aurait résolu cette énigme en un tour de main, ponctuant sa réussite de son traditionnel «élémentaire mon cher Watson» (ceci étant dit, cette petite phrase culte n’aurait jamais été écrite dans une des nouvelles de Conan Doyle).

Petit résumé des différents propriétaires des droits grâce au New York Times: à la mort de Doyle, les droits sont allés à ses trois enfants, qui les ont ensuite donnés à Jean, la petite-fille de l'écrivain. Après un petit tour dans les mains d’un producteur américain appelé Sheldon Reynolds, les droits sont tombés dans le domaine public en 1980 en Grande-Bretagne. Pendant ce temps-là, Jean la petite-fille s’est battue pour récupérer ceux des Etats-Unis, ce qu’elle est finalement parvenue à faire. A sa mort, elle a transmis les droits à une association qui a fini par les revendre aux héritiers de Doyle, qui les ont ensuite transférés dans une entreprise contrôlée par la famille: le Conan Doyle Estate.

Dix des 56 nouvelles de Sherlock Holmes sont encore soumises à un copyright et toutes les personnes qui ont voulu adapter le personnage au cinéma ou dans des ouvrages ont dû payer des droits au Conan Doyle Estate. Ce qui agace profondément Leslie King, un auteur américain, raconte The Conversation.

Leslie Klinger est un spécialiste de Sherlock Holmes. En février, il a porté plainte contre le Conan Doyle Estate pour que les artistes soient libres de créer de nouvelles histoires sur Holmes, sans avoir à payer de droits d’utilisation aux actuels propriétaires. Et s’il tape du poing sur la table cette année, c’est parce qu’il compte publier un ouvrage appelé In the company of Sherlock Holmes (En compagnie de Sherlock Holmes), ce qui risque d’être compromis: il ne compte pas payer et les héritiers de Sir Arthur, ont convaincu l’éditeur de ne rien publier si l’argent n’arrivait pas.

Klinger explique n’avoir utilisé que les personnages et éléments des nouvelles de Holmes désormais dans le domaine public. L’argument a été rejeté au début du mois de septembre 2013 par les détenteurs des droits: selon eux, Holmes et Watson continuent d’être utilisés dans des histoires plus récentes, explique Bloomberg, toujours protégées par le copyright. Selon les héritiers de Conan Doyle, Klinger «essaye de créer des personnalités multiples pour Sherlock Holmes, en plus du vrai personnage créé par Sir Arthur. Il n’y a pas 60 versions de Holmes dans 60 histoires, il n’y a qu’un seul Holmes complexe», rapporte The Telegraph.

Le cas devrait continuer sa route au tribunal, qui va devoir trancher, et sans doute créer un précédant dans le milieu de la littérature. Mais pour Klinger, cela ne fait pas de doutes:

«Holmes et Watson appartiennent au monde, pas à de lointains parents d’Arthur Conan Doyle.» 

Maïlys Masimbert
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