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10 films improbables à ne pas rater (ou voir) en octobre

Alexandre Hervaud, mis à jour le 22.10.2013 à 11 h 05

Marre du tout-venant cinématographique? Voici une sélection de perles sortant ces jours-ci en salle, en VOD, en festival, à l'étranger ou en piratage potentiel.

Au Nom du Fils, et paf - DR

Au Nom du Fils, et paf - DR

Au menu de ce mois d'octobre 2013: du Belge bouffeur de curés pédophiles, de l'animation japonaise tarée, du nanar made in Mayenne avec 5 euros de budget, de l'indé ricain produit par Kevin Smith, des lapins mutants et bien d'autres perles encore.

Mon Curé chez les Belges

La rentrée est une période faste pour les amateurs français de films de genre, puisque les festivals consacrés aux pelloches déviantes s'enchaînent: quelques semaines après la doublette Etrange Festival (à Paris) et Festival européen du film fantastique (à Strasbourg), voilà que Nantes –reprezent le 44– entre dans la danse avec l'indispensable festival de l'Absurde Séance, cinquième édition.

Du 2 au 5 octobre, le cinéma Katorza propose son lot d'inédits (du dernier Chucky au déjà évoqué par ici Frankenstein's Army) en passant par des films peu ou mal distribués (comme Le Dernier Pub avant la fin du monde ou The Conspiracy) sans oublier le quota réglementaire de nanars fumeux (Sangraal, un sous-Conan très apprécié du côté de Nanarland).

Mais le film qui nous a le plus tapé dans l'oeil reste le belge Au Nom du Fils, à découvrir en présence de la comédienne Astrid Whettnall (vue dans Le Capital de Costa-Gravas) ce jeudi 3 octobre. Sa performance dans ce film énervé, bien plus fin que ne le laisse penser sa bande-annonce, est assez bluffante.

Si on devait décrire à renfort de hashtags ce long métrage de Vincent Lanoo (Vampires, Strass) qui a choqué l'Eglise outre-Quievrain, on balançerait: #Pedophilie #Clergé #Suicide #Vengeance #Maman #Fusil.

Autant dire qu'à sa sortie française au printemps 2014, le film fera polémique. On vous laisse découvrir ci-dessous la bête:

Shérif, fais-moi peur

Chic, un nouveau western en salles! Mine de rien, durant l'été 2013, le meilleur blockbuster (Lone Ranger) et le meilleur film indé européen (l'allemand Gold) étaient deux représentants de ce noble genre ayant peu à peu déserté les salles.

On se réjouit donc de découvrir sur grand écran dès le 9 octobre l'improbable Shérif Jackson signé Logan Miller, porté par une bande-annonce délirante et un casting alléchant: Ed Harris revu récemment dans No Pain No Gain, January Jones (Mad Men), Jason Isaacs (les Harry Potter), Eduardo Noriega (L'Echine du Diable).

La France est d'ailleurs, dixit IMDb, le premier territoire à distribuer le film au cinéma, puisqu'il est sorti directement en vidéo outre-Manche (sous le titre Sweet Vengeance), et rebelote en fin d'année outre-Atlantique (sous le titre Sweetwater). On attend donc de pied ferme le titre québécois qui pourrait sans doute donner un truc comme La Douce Vengeance du Shérif Fils de Jacques.

Shoot'em up

Actualité chaude ou pas, les tueries adolescentes en milieu scolaire restent un matériau d'origine particulièrement risqué et touchy pour le cinéma –ou la télévision, cf la tentative récente en la matière de la série Sons of Anarchy.

Dans le cas du film The Dirties, premier long métrage du Canadien Matt Johnson, l'approche du sujet passe visiblement par une variété des formats, puisque s'y mélangent tantôt le found footage, tantôt le faux docu, tantôt le film traditionnel.

Le pitch du film joue lui aussi aux poupées russes: les deux personnages principaux sont des geeks persécutés par des petits caïds de leur lycée. Par désoeuvrement ou catharsis, ils se lancent dans la réalisation d'un film amateur dans lequel ils débarquent à l'école flingues en main et liquident leurs bourreaux. Plutôt raté, leur film leur vaut d'être encore plus ridiculisés, jusqu'à ce que l'un de ces deux martyrs décide de ne plus se contenter de balles à blanc pour assouvir ses désirs revanchards...

Distribué en VOD dès le 4 octobre prochain sur le territoire américain, le film est produit par ce bon vieux Kevin Smith qui, quand il ne travaille pas sur ses 92 podcasts différents ou sur le script de Clerks III, file donc un coup de main aux cinéastes qu'il juge prometteurs.

Echec épique

Autant l'avouer direct, la première vision de la bande-annonce de Computer Chess d'Andrew Bujalski ne laisse pas vraiment un souvenir impérissable. En soit, rien de surprenant venant d'un film en noir et blanc situé dans les années 1980 et qui se penche sur un tournoi de jeux d'échecs, l'espace d'un week-end, entre hommes et ordinateurs.

Sauf que le film lorgne vers la science-fiction (on ne vous dira pas comment sachant qu'on a évité soigneusement de lire des papiers détaillés sur la chose histoire de garder le mystère) et l'unanimité critique autour du film est tout simplement dithyrambique. Après sa projection berlinoise, le site Accrèds qui a interviewé le réalisateur a qualifié Computer Chess de «comédie kubrickienne brillante sur les débuts de l’ère digitale».

Bonne nouvelle: la première française du film aura lieu au Festival du film de La Roche-sur-Yon (du 16 au 21 octobre) qui affiche décidément une prog alléchante, puisque la compétition internationale proposera également la première française du très attendu L'Etrange couleur des larmes de ton corps, nouveau film des réalisateurs du beau Amer.

Salem à la coule

Jamais deux sans trois: après son pourtant cool Halloween 2 et son délirant film d'animation The Haunted World of el Superbeasto, le dernier film de Rob Zombie, The Lords of Salem, échappe lui aussi à une distribution en salles françaises. Il sortira en effet directement en vidéo le 8 octobre –autant dire que les fans les plus impatients ont certainement déjà vu la chose plus ou moins légalement depuis des semaines.

Dommage pour le public, à en juger par l'esthétique chiadée du film qui aurait clairement mérité d'être vu sur grand écran.

Le film raconte comment une animatrice de radio est la cible d'un groupe de sorcières tuées au XVIIe siècle à Salem, groupe qu'elle a réveillé et courroucé en passant un vinyle à l'antenne. Vu la réaction engendrée par l'écoute, il s'agit probablement du dernier album de MGMT.

Un collège fou fou fou!

On désespérait de revoir en salles le délirant After School Midnighters découvert il y a un an à l'Etrange Festival, mais la patience a fini par payer puisque cette merveille non-sensique nippone réalisée via motion capture sortira en salles française le 30 octobre, soit pile-poil pour Halloween.

Ce premier film, signé Hitoshi Takekiyo, enchaîne les morceaux de bravoure à un rythme frénétique avec un humour absurde omniprésent. Ouais, pour une fois qu'on a vu un des films évoqués par ici, ça fait pas du bien de pouvoir se lâcher niveaux qualificatifs élogieux.

It's not HBO

L'édition DVD est un monde sans pitié, surtout en ces périodes où le marché vidéo n'affiche pas une grande forme et où sortir directement en VOD n'est plus nécessairement synonyme d'infamie, bien au contraire. Pour se distinguer un peu du tout venant, certains éditeurs n'hésitent pas à maquiller leur came pour appâter le chaland qui, un peu distrait, pourrait l'acheter par confusion. La pratique n'est bien entendu pas nouvelle (ah, la rubrique Flying Jaquette du Mad Movies de la grande époque!), et à l'heure des applis mobiles Allociné ou IMDb dispo sur n'importe quel smartphone, pas sûr qu'elle fasse encore son petit effet.

Quoi qu'il en soit, le 23 octobre sortira en vidéo par chez nous Games of Rome, titre évoquant clairement deux séries phares de HBO (Game of Thrones et Rome), alors que la chose est en réalité... un téléfilm ricain de 2001 baptisé Amazons and Gladiators plafonnant péniblement à 2,8/10 sur IMDb.

On attend de pied ferme d'autres mash-up opportunistes de titres HBO du genre The Girls' Newsroom ou encore True Bloody Sex and The Boardwalk Wire.

Mon Père, fais-moi le mal

Et allez, encore une histoire de curés vicieux, décidément LA thématique dans cette édition!

La comédie fantastique Hellbenders (sortie VOD aux Etats-Unis le18 octobre) part d'un pitch amusant: on y suit la vie de débauche d'une bande de prêtres qui passent leur temps à pécher (avec un é, pas un ê, donc pas au sens «j'attends la truite sur mon rafiot») afin d'être plus aisément possédés par les démons qu'ils pourchassent.

Le film est signé J.T. Petty, véritable hydre geek puisqu'on lui doit divers romans, films et jeux vidéo.

Au casting de cette série B qui sera également visible en 3D, on retrouve plein de têtes connues des amateurs de films de genre: Clifton Collins Jr (Pacific Rim), Clancy Brown (Highlander), Andre Royo (aka Bubbles dans The Wire), Dan Fogler (Fanboys) et le relativement inconnu –pour l'instant– Macon Blair, révélé dans l'épatant Blue Ruin dont la sortie française est prévue pour le 30 avril 2014. Patience, patience.

Rabbit Hole

Mettons les pieds dans les plats en livrant cette analyse de haute volée: c'est pas tous les jours qu'on croise une coproduction argentino-espagnole mélangeant prises de vues réelles et animation à la japonaise, le tout sur fond de mafia chinoise et de lapins mutants. Voilà, comme ça, c'est dit. Et bien pourtant, c'est ce que nous propose le film Mujer Conejo (La Femme Lapin) réalisé par Veronica Chen, et qui sort de l'autre côté des Pyrénées le 11 octobre. Ce film a l'air muy loco, si vous permettez cette démonstration prétentieuse de mon indéniable maîtrise linguistique.

Malaise mayennais

On termine avec un produit du terroir, découvert il y a quelques mois déjà via une bande-annonce assez gênante qui avait tourné en boucle sur les murs Facebook et autres Twitter de cinéphiles moqueurs. Rien d'étonnant venant de Parisiens coincés incapables de saluer les belles initiatives de nos régions!

Saluons donc celle du réalisateur Dominique Rocher, clairement le Guy Ritchie du Grand Ouest, dont le film en question, Va y avoir du soui!, sortira le 23 octobre dans quelques salles françaises. Oui, c'est le même jour que le Gravity d'Alfonso Cuaron, et on prédit que devant tant d'inconscience commerciale, quelqu'un de chez Warner Bros France va passer un mauvais quart d'heure.

Le film semble être la réponse de la Mayenne à la tentative de western landais, l'inoubliable Les Colts de l'Or Noir. On conseille aux curieux la lecture de ce papier de France 3 qui revient sur la production parfois houleuse de ce film budgété à 28.000 euros. L'article des confrères se conclut par ces mots qu'on jurerait dérobés à Serge Kaganski, Jean-Michel Frodon ou Philippe Garnier: «Si vous avez aimé "Bienvenue chez les Ch'tis" vous aimerez ce film qui devrait bénéficier du bouche à oreille.»

Alexandre Hervaud

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Alexandre Hervaud (231 articles)
Journaliste
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