Culture / Culture

YMCA ou la fin des droits d'auteur américains

Temps de lecture : 2 min

The Village People . Andrew Becraft via FlickrCC License by
The Village People . Andrew Becraft via FlickrCC License by

YMCA, la célèbre chanson des Village People qui enflamme les pistes de dances depuis la fin des années 1970, risque de mettre un sacré coup aux maisons de disque américaines.

Victor Willis, le chanteur habillé, au choix, en policier ou en officier de marine, retrouvera la possession de ses droits d’auteur pour 33 de ses chansons ce vendredi. La faute à une loi entrée en vigueur en 1978 qui accorde aux artistes des «termination rights», soit des droits de résiliation «leur permettant de reprendre le contrôle de leurs créations après un délai de 35 ans, même s’ils avaient renoncé à leur droit auparavant», écrit le New York Times.

«Cela signifie que toutes les œuvres copyrightées après le 1er janvier 1978 peuvent être récupérées au bout de 35 ans, soit à partir du 1er janvier 2013, par les artistes qui les avaient cédés à des tiers», vous expliquait-on il y a deux ans déjà sur le site de Slate.

Et si on vous en parlait déjà en 2011, c’est parce que les artistes doivent déposer leur demande deux ans avant la date à laquelle ils veulent récupérer leurs droits. A cette époque plusieurs artistes avaient entamé des procédures. C’était par exemple le cas de Bob Dylan, Tom Waits ou Tom Petty qui ont tous enregistré des albums en 1978, et donc susceptibles de bénéficier des droits de résiliation.

Concrètement cette législation peut faire assez mal aux maisons de disques. Ayant souffert de l’arrivée d’internet, elles sont devenues «complétement dépendantes des ventes d’anciens albums de leurs catalogues», expliquait un autre article du New York Times sur le sujet. Si les créateurs de ces albums de légende récupéraient les droits de ces chansons… cela porterait un «coup fatal à l’industrie du disque» comme titrait l’Express en 2011.

En attendant, Victor Willis, le premier chanteur à avoir récupéré ses droits d’auteurs pour des titres cultes comme YMCA, In the Navy ou encore Go West, ne sait toujours pas ce qu’il va en faire, mais ne semble pas à cours d’idées:

«J’ai reçu de nombreuses offres de maisons de disque ou de maisons d’édition, beaucoup de choses, mais je n’ai pas encore décidé de ce que j’allais faire. (…) J’ai appris au fil des années que la possession des copyrights conférait des pouvoirs fantastiques. Vous pouvez empêcher quelqu’un de reprendre votre musique si ça chante, et je vais peut être m’opposer à certains usages qui en sont faits», a prévenu Willis.

Maïlys Masimbert

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