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Seydoux et Exarchopoulos ne veulent plus jamais tourner avec Kechiche

Charlotte Pudlowski, mis à jour le 02.09.2013 à 14 h 20

Abdellatif Kechiche avec Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos, recevant la Palme d'Or à Cannes, le 26 mai 2013. REUTERS/Eric Gaillard

Abdellatif Kechiche avec Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos, recevant la Palme d'Or à Cannes, le 26 mai 2013. REUTERS/Eric Gaillard

Est-ce parce que le fait de parler dans une langue étrangère déshinibe? Est-ce que c'est parce qu'à Cannes le réalisateur était là? Parce que le visionnage du film était trop récent? Quoi qu'il en soit, à l'époque de la présentation de La Vie d'Adèle à la presse internationale, sur la Croisette en mai dernier, Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos disaient surtout le plus grand bien d'Abdellatif Kechiche, qui s'apprêtait à remporter la Palme d'or.

Les techniciens s'étaient plaints des conditions de tournage intolérables imposées par le réalisateur, mais les deux actrices étaient plus mesurées, plus discrètes. Au moment de la remise de la Palme, elles l'embrassaient avec reconnaissance. En interview, Seydoux disait «Abdel est un cinéaste unique, qui filme très bien la jeunesse. Il est aussi exigeant.» Exarchopoulos ajoutait: «C’est sûr qu’avec Abdel tu vas beaucoup plus loin qu’avec un autre réalisateur. (...) Avec lui, on est obligé de faire confiance (...). Tu donnes et tu sais qu’il va te rendre justice.»

Libération déjà sentait la violence sous-jacente et écrivait:

«Elles répondent aux questions en se regardant l’une l’autre, avec des airs de sous-entendus, répètent plusieurs fois la phrase: "C’était un tournage tellement éprouvant." Long, cinq mois, mais surtout très dur, Abdellatif Kechiche étant connu pour ses manières rudes dans la direction d’acteurs. (...) Chacune évoque "des moments de souffrance, tempérés par des fous rires", "des passages à vide très durs"».

Quelques mois plus tard, les deux jeunes femmes accordent une interview au Daily Beast, et semblent s'exprimer de façon bien plus brute qu'auparavant. Elles confient que d'autres réalisateurs sont bien plus «respectueux», que Kechiche piquait des crises de colère, que durant des scènes de bagarre il incitait l'une à réellement frapper l'autre, qui souffrait, qui a saigné, et le tournage continuait.

Le tournage n'était pas seulement éprouvant, il était atroce, à tel point qu'à la question «Le tournage avait-il quand même des aspects agréables?», Léa Seydoux répond: «C'était horrible». Et si Adèle Exarchopoulos commence par dire que Kechiche est un génie c'est pour mieux ajouter: «Il y avait parfois une sorte de manipulation, qu'il était difficile de gérer. Mais c'était une bonne expérience d'apprentissage, en tant qu'actrice.»

«Voudriez-vous retravailler avec Kechiche?» interroge encore le Daily beast. «Jamais» répond simplement Seydoux. «Je ne crois pas», ajoute sa comparse.

Charlotte Pudlowski
Charlotte Pudlowski (740 articles)
Rédactrice en chef de Slate.fr
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