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Comment un programme informatique a permis de découvrir le livre secret de J.K. Rowling

Anaïs Bordages, mis à jour le 31.10.2013 à 15 h 14

J.K. Rowling / Robert Galbraith à Londres. REUTERS/Andrew Winning

J.K. Rowling / Robert Galbraith à Londres. REUTERS/Andrew Winning

Souvenez-vous: en juillet dernier, le Sunday Times a révélé que J.K. Rowling, l’auteure de la saga Harry Potter, avait secrètement écrit un roman sous le pseudonyme de Robert Galbraith. Comme on vous le disait alors, «un des indices qui a mené à la découverte est que J.K. Rowling et Robert Galbraith avaient le même agent et le même éditeur, Sphere, qui a publié son premier roman pour adultes, Une place à prendre.» Mais comment le journaliste du Sunday Times a-t-il pu avoir autant de flair?

Dans un article du Scientific American, Patrick Juola raconte qu’il est l’homme ayant permis d’identifier J.K. Rowling comme l’auteure du fameux livre, et revient sur la méthode utilisée.

Ce professeur d'informatique se spécialise en stylométrie, l’analyse quantitative des styles d’écriture. Il a inventé un programme permettant de sélectionner un échantillon de texte et de reconnaître, à l’aide de nombreuses variables, quel est l’auteur le plus susceptible de l’avoir écrit.

En juillet, Patrick Juola a donc été contacté par le journaliste du Sunday Times, qui avait reçu un tuyau et soupçonnait J.K. Rowling d’avoir écrit The Cuckoo’s Calling. «Le bouquin était surprenamment bien écrit, surtout pour un premier roman. Et l'auteur, un homme qui avait soi-disant passé toute sa vie dans le service militaire, était incroyablement doué pour décrire les vêtements de femme», rappelle Patrick Juola. Mais de simples soupçons ne suffisaient pas à prouver quoi que ce soit.

Le scientifique a alors lancé une analyse mathématique, permettant de quantifier le degré de similitude entre le texte de Galbraith et ceux de J.K. Rowling.

M. Juola a comparé l'écriture de Galbraith à celle de quatre auteurs britanniques au style similaire, dont J.K. Rowling. Il a notamment étudié la longueur des mots, les 100 mots qui revenaient le plus souvent, et les groupements de mots les plus utilisés dans l'ensemble de ces textes. Or, tous les auteurs analysés présentaient au moins une faille, laissant supposer que leur style ne correspondait pas entièrement à celui de Galbraith. Sauf J.K. Rowling. Une preuve suffisante, selon Patrick Juola:

«Est-ce que cela a prouvé que J.K. Rowling était l’auteure? Bien sûr que non. Même l’ADN ne permet pas de prouver ça. (…) Tout ce qu’on savait, c’est que le livre avait été écrit soit par elle, soit par quelqu’un qui avait un style extrêmement similaire».

Le journaliste, lui, est donc allé interroger l’agent littéraire de J.K. Rowling, et le 13 juillet, l’auteure de la saga Harry Potter finissait par avouer. Dès cette révélation, le livre qui avait déjà recueilli de bonnes critiques à sa sortie, est devenu numéro un des ventes sur Amazon. Et pour cause: sur Slate.com, Katy Waldman allait jusqu’à suggérer que Robert Galbraith est peut être finalement un meilleur auteur que J.K. Rowling:

«Pour être honnête, je préfère légèrement Galbraith à Rowling. (...) Les deux sont drôles, pleins de suspense, et ont un propos très juste sur les questions de classe et de race. Mais Galbraith semble se prendre moins au sérieux. On se demande bien pourquoi.»

Anaïs Bordages
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