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Ben Affleck: à chaque nouveau «Batman», une nouvelle empoignade de fans

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 23.08.2013 à 13 h 10

Batman, de Tim Burton (1989)

Batman, de Tim Burton (1989)

Il n’y a pas que les Marseillais qui attendent le retour de Batman. «On» apprenait ainsi avec émoi, ce 23 août, que Ben Affleck allait incarner Batman dans le nouveau Batman, ou plus exactement dans le nouveau Superman dans le scénario duquel on a placé Batman — la crise du modèle hollywoodien, tout ça

Man Of Steel 2, c’est son nom, s’annonce dès à présent comme une catastrophe cinématographique si on en croit les fans des films de super-héros. Tout d’abord Henry Cavill qui a incarné Superman dans Man of Steel (le 1), n’a pas laissé un grand souvenir à ceux qui l’ont vu. Et Ben Affleck a, sans que l’on — que je — comprenne bien pourquoi, la réputation d’être un acteur à chier.

Mais les acteurs de Batman ont souvent été moqués ou dédaignés par les cinéphiles. On pense bien sûr à Julien Lepers Michael Keaton, qui porte le personnage dans la série de Tim Burton entamée à la toute fin des années 80 — ce qui avec le recul, se voit beaucoup.

A gauche, Julien Lepers. A droite, Michael Keaton. Ou l'inverse?

Il y a les pour et les contre Batman par Tim Burton. L’avoir vu à l’époque de sa sortie était une expérience marquante et angoissante, mais ni Jack Nicholson (le Joker), ni Danny DeVito (le Pingouin), ni Michelle Pfeiffer (Catwoman) ne parviennent tout à fait à en faire une série à 100% crédible. Il faut dire que l'époque était à la légèreté et que les super-héros kitsch n'étaient pas encore des bipolaires de type 2.

Après Keaton, viendra Val Kilmer, qui n’a pas laissé un souvenir impérissable (qui se souvient de Batman Forever de Joël Shumacher en 1995?) Le Batman et Robin du même Shumacher avec George Clooney, et une sorte de Mister Freeze humanoïde — Arnold Schwarzenegger— dans le rôle du méchant, fait aujourd’hui plus rire que peur: c’est sans doute le plus gros navet de la série, qui n'a pourtant jamais reculé devant les excès de mauvais goût.

Dix ans plus tard, c’est enfin, pense-t-on, l’âge de raison. Le très légitime Christopher Nolan est appelé pour ressusciter le mythe et donner à Bruce Wayne le côté sombre qui est alors à la mode (avez-vous remarqué que tous les films de super-héros sont plus «sombres» qu’avant?) La question du casting est enfin prise au sérieux: Christian Bale dispose d’une solide crédibilité cinématographique. Son interprétation du personnage principal insomniaque dans The Machinist (2003) est à ce jour le régime le plus efficace de l’histoire (28 kilos perdus en 3 mois).

Et c’est en 6 mois seulement que Bale reprend des calories, car il est attendu pour jouer Batman dans le premier volet d’une trilogie qui deviendra culte, celle de Nolan, donc, qui enchaîne avec lui Batman Begins, The Dark Knight et The Dark Knight Rises. Surtout, les seconds rôles ne sont pas négligés: Michael Caine, Morgan Freeman, Anne Hathaway, Gary Oldman.

Nous aurons même droit au Joker de la maturité avec la performance de Heath Ledger, juste avant la mort prématurée de l’acteur à l'âge de 28 ans. Et pourtant qui se rappelle qu'à l'époque, l'annonce de ce choix avait provoqué des réactions épidermiques d'indignation parmi les fans de Batman?

On retrouvera, enfin, dans la campagne haineuse contre Marion Cotillard après The Dark Knight Rises les prémisses de l’incendie numérique déclenché par l’annonce de Ben Affleck.  

La prochaine fois dans la série hater: Superman, des origines à Man of Steel en passant par Superman contre l'Homme Nucléaire (Superman 4).

Jean-Laurent Cassely
Jean-Laurent Cassely (990 articles)
Journaliste
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