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Mort du romancier Elmore Leonard, dont l'oeuvre a inspiré les films «Jackie Brown» ou «3h10 pour Yuma»

Temps de lecture : 2 min

Elmore Leonard à la Miami Book Fair International, en 1989. Via Wikipedia Commons.
Elmore Leonard à la Miami Book Fair International, en 1989. Via Wikipedia Commons.

Elmore Leonard était en train d’écrire son 46e roman. Il ne sera jamais terminé: l’écrivain est mort ce mardi 20 août à Detroit, aux Etats-Unis, un peu plus d’une semaine après avoir souffert d’une crise cardiaque, à l'âge de 87 ans.

«Pendant plus de cinq décennies, ses westerns, ses romans policiers, ses romans feuilletons et autres histoires ont passionné des générations entières de lecteurs», disait de lui, l’an dernier, le comité du National Book Award, qui lui remettait un prix pour l’ensemble de sa carrière. Le directeur du comité, Harold Augenbraum, saluait son «œuvre littéraire vibrante, au style inimitable».

«Le grand romancier américain»

Pour ce style, Leonard avait même ébauché des règles, qu'il s'efforçait de suivre pour rendre son récit plus captivant et plus fluide, une façon de «disparaître» derrière le texte.

Il n'ouvrait jamais un roman en parlant météo, n'écrivait pas de prologues non plus. Il s'efforçait d'être sobre en ne ponctuant les dialogues qu'avec le verbe «dire», était économe en adverbes, en ponctuation, en adjectifs. Il voulait s'effacer derrière les personnages, et montrer plutôt que dire, plutôt qu'expliquer.

Ces règles-là, son écriture, suscitaient l'admiration de ses pairs. Stephen King voyait en lui «le grand romancier américain» et Martin Amis estimait que la prose de Raymond Chandler pâlissait en comparaison — Leonard disait d'ailleurs n'avoir jamais lu Chandler.

Mais pour le grand public, il était aussi connu par le truchement de l'adaptation cinématographique de ses livres. Il était l’auteur des œuvres originales qui donnèrent 3h10 pour Yuma, Monsieur Majestyk, Hors d'Atteinte, Killshot, Jackie Brown ou plus récemment la série Justified.

Fatigué d'Hollywood

L'écrivain avait lui-même travaillé pour Hollywood, écrivant et réécrivant des scripts. Il avait arrêté en 1993, fatigué de ce travail plus laborieux. Il aimait écrire et écrivait sans cesse, sans besoin de pause entre les différents romans, sauf peut-être pour mieux penser au suivant. «Avec les livres, disait-il, quand vous mettez les mots en place, ils sont agencés comme ils sont censés l'être. Mes éditeurs ne me disent pas quoi faire. Le correcteur a des instructions spécifiques pour ne pas toucher à mes phrases.» Une liberté qui n'existe pas au cinéma.

De toutes les adaptations faites par d'autres —dont il n'était pas toujours content—, Jackie Brown était sa favorite. Quentin Tarantino avait toujours été fan de son travail. «Quand [Tarantino] était jeune», rappelait Leonard dans une interview en 2004, «il avait volé un de mes livres, The Switch [traduit en français sous le titre La Joyeuse Kidnappée], dans une librairie. Il s’était fait attraper et punir, et puis il était retourné le voler de nouveau.»

C’est non seulement Tarantino, mais tout Hollywood, pour qui il était un sempiternel pourvoyeur d’histoires, qui vont le regretter.

Charlotte Pudlowski journaliste, créatrice et rédactrice en chef du podcast Transfert

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