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Comment Twitter transforme les séries

Anaïs Bordages, mis à jour le 30.09.2013 à 11 h 17

Capture d'écran: la série Scandal sur Twitter

Capture d'écran: la série Scandal sur Twitter

Avant, on regardait patiemment nos séries préférées à la télé, semaine après semaine. On attendait le lendemain, pour débriefer devant la machine à café (l’effet «water cooler», en anglais). Mais désormais, tout a changé, comme le fait remarquer le New York Times dans un article du 9 août. Les séries sont maintenant balancées dans leur intégralité sur des sites de streaming légal, comme House of Cards sur Netflix. Les spectateurs ne les regardent plus de semaine en semaine mais en un marathon boulimique de 13 heures (même si on a tort, selon Jim Pagels), avant de déverser leurs impressions et commentaires sur les réseaux sociaux.

Désormais, quelques milliers de fans peuvent se mobilisent sur Kickstarter pour ressusciter une série (Veronica Mars) et en faire un film. Certaines séries, elles, ne sont regardées que pour pouvoir être simultanément tournées en dérision sur Twitter –à l’instar d’Under The Dome, basée sur un roman de Stephen King, dont les dialogues et les jeux d’acteurs sont raillés en permanence sur les réseaux sociaux. Il y a quelques mois, un épisode particulièrement choquant de la série Game of thrones a même engendré des centaines de vidéos YouTube, où l’on pouvait voir la réaction médusée des téléspectateurs face à leur écran (attention, spoilers).

Le New York Times a donc rassemblé sept auteurs de séries télé, pour leur demander ce que cette symbiose avec les réseaux sociaux avait changé pour eux. Et tous avouent s’être remis en question. Shonda Rhimes, la créatrice de Grey’s Anatomy et Scandal (diffusée en France par Canal+), explique par exemple qu’elle a rapidement encouragé toute son équipe à live-tweeter.

«C’est Kerry Washington (l’actrice principale de Scandal, NDLR) qui nous a dit “Je crois qu’on devrait tous se mettre sur Twitter”. J’ai dit à l'équipe de s’inscrire, et ils l’ont tous fait. Nos coiffeurs tweetent, notre directeur de la photographie tweete, en gros, chaque membre de notre équipe est inscrit. Ils adorent live-tweeter, ils trouvent ça fun

Beau Willimon, créateur de House of Cards, a commencé à tweeter spécialement pour la promotion de sa série:

«J’ai commencé à faire des séances de Questions-Réponses sur les réseaux sociaux, et j’ai appris énormément grâce aux gens qui regardent la série. L’anonymat des réseaux permet une forme de dialogue très franche, dont je ne peux que bénéficier.»

Or, non seulement le retour des spectateurs peut être très utile d’un point de vue créatif, mais il peut également influer sur les audiences télévisuelles, comme nous l'apprend EcommerceTimes. Une étude publiée le 6 août par le groupe de mesure d'audiences Nielsen montrait que le volume de tweets peut effectivement faire augmenter le nombre de spectateurs d’une série. Voire, changer le destin des séries, notamment celles sur le point d’être annulées. «Twitter deviendra probablement un moyen pour les fans de faire pression sur les producteurs, afin de renouveler certaines séries», affirme ainsi l’analyste Greg Sterling. Reste à voir si cette technique sera plus efficace que celles utilisées jusqu'à présent.

Il semblerait donc que l’avenir des séries soit de plus en plus connecté à celui des réseaux sociaux. Beau Willimon, quant à lui, envisage même un futur où les séries ne seront plus formatées en saisons ou en épisodes:

«J’aime bien l’idée d’une série sans épisodes. Ce serait juste six à huit heures de show, et les spectateurs pourraient appuyer sur pause quand ils le veulent, ou s’ils le veulent.»

Anaïs Bordages
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