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Avez-vous vu les 86 films essentiels selon Spike Lee?

Aisha Harris, mis à jour le 29.07.2013 à 10 h 40

Spike Lee au 69e festival du film de Venise, à Venise, le 31 août 2012. REUTERS/Max Rossi

Spike Lee au 69e festival du film de Venise, à Venise, le 31 août 2012. REUTERS/Max Rossi

Peut-être cherche-t-il à attirer l'attention vers son projet Kickstarter à la peine, en tout cas, Spike Lee vient de poster sa liste de «films essentiels». Ce sont les films que, d'après lui, tout réalisateur doit avoir vu.

Chaque année, Spike Lee distribue cette liste, qui contient près de cent films, à ses étudiants en master à la New York University, et cela permet de jeter un coup d'oeil fascinant sur les influences du réalisateur –depuis ses choix les plus attendus comme Sueurs froides, Rashomon, 8 1/2, aux plus surprenants comme Kung Fu Hustle, Bad Lieutenant, Apocalypto.

Curieusement, beaucoup de réalisateurs vénérés manquent à l'appel –on ne trouve par exemple ni Howard Hawks, ni John Ford, ni Fritz Lang ou encore Yasujiro Ozu.

Et quelques-uns des réalisateurs inclus dans la liste le sont pour des films pas toujours évidents: Steven Spielberg pour son Empire du Soleil et ses Rencontres du Troisième Type, Woody Allen pour Zelig. Peut-être plus radical, on ne trouve pas le Citizen Kane d'Orson Welles, mais seulement La Soif du Mal.

Les Français ont la part belle, avec François Truffaut pour Les 400 coups et La Nuit Américaine et René Clément pour Paris brûle-t-il?, ainsi que Marcel Camus pour Orfeu Negro, le Franco-suisse Jean-Luc Godard pour A bout de souffle et le Franco-polonais Roman Polanski pour Chinatown.

La liste de Spike Lee a ça de commun avec beaucoup d'autres «listes de films essentiels» qu'elle comporte peu de réalisatrices. Elle comporte trois réalisateurs noirs –Charles Burnett, John Singleton et Michael Schultz (Spike Lee ne cite aucun de ses propres opus)–, mais une seule femme, Katia Lund, la co-réalisatrice de La Cité de Dieu.

L'omission de réalisatrices est d'autant plus notable que les Kathryn Bigelow (Démineurs, Zero Dark Thirty) et Jane Campion (La leçon de piano) ont fait certains des films les plus importants des dernières années, et que des réalisatrices comme Chantal Akerman (Jeanne Dielman, 23 Quai du Commerce, 1080 Bruxelles) apparaissent fréquemment dans les listes les plus masculines. 

Cette absence est-elle due à l'incapacité de Spike Lee à sortir des sentiers battus –à son crédit, il est connu pour encourager des talents comme la réalisatrice lesbienne et noire Dee Rees (Pariah)– ou à la façon dont l'industrie du cinéma prive depuis longtemps les femmes d'opportunités? Probablement un peu des deux.

Aisha Harris

Traduit et adapté par C.D.

Aisha Harris
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