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Non, Monopoly ne supprime pas sa case prison

Lors d'une tentative de record du monde du plus de parties de Monopoly jouées simultanément, à Madrid le 27 août 2008, REUTERS/Paul Hanna

Lors d'une tentative de record du monde du plus de parties de Monopoly jouées simultanément, à Madrid le 27 août 2008, REUTERS/Paul Hanna

Panique dans les maisonnées: Hasbro, propriétaire du jeu Monopoly, a décidé de supprimer sa case «prison», annoncent le Nouvel Obs et Europe 1, se fondant sur un article du Wall Street Journal.

L'idée étant que les parties seraient trop longues et que les familles ne joueraient plus au Monopoly, parce qu'on est dans un monde d'hommes pressés où les enfants ne veulent pas passer une après-midi à s'entretuer sur qui a volé de l'argent à la banque (alors que l'on peut très bien gagner sans tricher).

Sans case prison, les parties de la prochaine édition ne dureraient plus qu'une trentaine de minutes, là où elles peuvent atteindre deux heures aujourd'hui.

Rassurez-vous, Hasbro n'a en fait pas supprimé sa case prison, ni dans son édition spéciale ni dans les autres, rassure The Atlantic Wire, qui a contacté la compagnie.

«Les cases prison n'ont été enlevées d'aucun jeu Monopoly», explique Nicole Agnello, l'une des responsable de la communication.

L'entreprise lance bien «Monopoly Empire», une nouvelle version du jeu où l'on gagne en amassant un certain nombre de biens, et non pas en forçant les autres joueurs à la banqueroute, ce qui permettra aux parties de se finir plus rapidement. Mais la case prison sera toujours présente sur les plateaux de Monopoly Empire.

Même réponse de l'entreprise à Gizmodo, et Hasbro l'a rapidement tweeté également sur son compte officiel. 

Des couacs dans la communication d'Hasbro, une pub gratuite pour son Monopoly Empire, ou une sorte de ballon d'essai pour jauger l'affection des fans pour cette case? Le Wall Street Journal citait en effet dans son article une autre porte-parole, Julie Duffy, disant qu'il n'y avait plus de prison où les joueurs se languiraient en attendant un bon coup de dés.

Ce qui est sûr, c'est que Monopoly Empire est en effet lancé pour servir de jeu «snackable», c'est-à-dire consommable rapidement, détaille le Telegraph (comme le Scrabble Flash, une version su Scrable où on peut finir une partie en 2m30s). Un triste progrès, pour Ashley Feinberg, de Gizmodo:

«Certains des moments que je chéris le plus –et qui ont potentiellement défini qui j'étais– viennent des heures voire des jours voire des semaines que j'ai passés à jouer une partie de Monopoly. Est-ce que c'était pénible? Oui. Est-ce que ça me rendait triste? Parfois. Mais c'est dans ces moments de tristesse pénible qu'on constitue certains de nos souvenirs les plus adorés, et qu'on apprend une chose ou deux sur la vie.

J'ai appris des choses sur la corruption enfouie au fond du système financier américain quand je me suis rendue compte que ma grande soeur voulait toujours être la banque pour pouvoir voler du liquide quand nous avions le dos tourné. J'ai développé mon esprit critique et un scepticisme sain des vendeurs quand mon grand frère a tenté de me convaincre pendant mes dix premières années qu'acheter des propriétés ne valait pas vraiment le coup à long terme. Et j'ai appris la persévérance.»

C.D.

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