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Nadejda Popova, la «sorcière de la nuit» de la Seconde Guerre mondiale, est morte à 91 ans

Margaux Leridon, mis à jour le 15.07.2013 à 12 h 21

Dimitri Medvedev et Nadejda Popova, 2009, Office de presse et d'information du Président de Russie, Licence by

Dimitri Medvedev et Nadejda Popova, 2009, Office de presse et d'information du Président de Russie, Licence by

Au début de la Seconde Guerre mondiale, l’Union soviétique refuse catégoriquement que des femmes s’engagent dans l’armée de l’air. Mais en 1941, le corps des pilotes soviétique a besoin d’être renforcé, et on commence à penser qu’un groupe de femmes héroïques ferait un bel outil de propagande. Le 8 octobre, Staline ordonne le déploiement de trois régiments féminins de pilotes de chasse. Nadejda Popova est devenue commandant de l’un d’entre eux. Elle est morte à Moscou le 14 juillet 2013, à 91 ans. Le New York Times revient sur son histoire.

Née en Ukraine en 1921, Nadejda s’inscrit à 15 ans dans un des 150 clubs d’aviation que compte alors l’Union soviétique. Jeune adulte, elle fait de cette passion un métier, devenant instructrice pour les futurs pilotes. C’est l’une des premières femmes à s’engager dans l’Armée. Contrairement aux hommes, les femmes ne sont alors pas soumises à la conscription; mais à partir de 1941, d’importantes campagnes de propagande vont être menées pour les inciter à intégrer l’armée.

Les pilotes du 558e régiment d’aviation, commandé par Nadejda Popova, étaient surnommées par les Allemands les «sorcières de la nuit», à cause du sifflement de leurs vieux Polikarpov PO-2 en contreplaqué, datant des années 1920, qui évoquait à l’armée du Reich celui de balais volants. L’effet psychologique de ces bombardements nocturnes était considérable, suscitant la terreur chez les troupes ennemies.

Comme l’explique le Telegraph, les biplans des sorcières étaient mal équipés: en l’absence de radio, les pilotes s’orientaient avec une boussole et une carte. Elles ne disposaient ni d’arme de poing, ni de parachute, et ne pouvaient disposer que de deux bombes à la fois, en raison du poids de leur appareil, ce qui les obligeait à faire plusieurs vols par nuit (jusqu’à dix-huit pour Nadejda).

Les avions des «sorcières» se déplaçaient en formation de trois. Deux étaient utilisés comme appât pour la surveillance allemande, et partaient dans des directions opposées pour créer la confusion, ce qui permettait au troisième d’avoir la voie libre pour bombarder.

«Il n’y avait pas de temps à perdre avec les émotions, avait un jour rapporté Nadejda, citée par le Telegraph. Celles qui le faisaient finissaient bombardées et brûlées vives dans leur avion, n’ayant pas de parachutes.» 

«Je me revois encore, racontait-elle en 2010, citée par le New York Times, jeune fille, voler dans mon petit avion de chasse. Et je me demande: Nadia, comment as-tu fait ça?» 

Margaux Leridon
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