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«Lovelace», la bande-annonce qui veut créer la légende

Aisha Harris, mis à jour le 04.07.2013 à 16 h 02

Amanda Seyfried, Peter Sarsgaard dans «Lovelace» Photo by Dale Robinette – © 2013 - RADiUS-TWC

Amanda Seyfried, Peter Sarsgaard dans «Lovelace» Photo by Dale Robinette – © 2013 - RADiUS-TWC

Durant une courte période, au début des années 1970, Linda Lovelace était une star. Gorge Profonde, le célèbre «porno chic» qui a propulsé les films adultes au devant de la culture populaire, lui a offert une notoriété immédiate –et suffisamment grande pour que le New York Times et Roger Ebert (au début de sa carrière) en fassent une critique. Son succès est bref, mais son impact probablement fort sur les politiques autour de la sexualité et le féminisme. Peut-on alors qualifier Linda Lovelace de légende?

Le trailer de Lovelace, biopic à venir dirigé par Rob Epstein et Jeffrey Friedman dans lequel le rôle principal est interprété par Amanda Seyfried, aimerait vous le laisser penser. Le film est un projet de longue date qui fut autrefois dans une course contre la montre pour être projeté dans les salles avant un autre biopic de la pornstar, Inferno, dirigé par Matthew Wilder (Lindsay Lohan, co-star avec Seyfried de Mean Girls, devait figurer dans ce film, elle a finalement été remplacée par Malin Akerman). Lovelace finit par gagner la course en étant projeté au festival de Sundance –Inferno est toujours «en production» selon IMDb– et se targue d'avoir un casting bien plus fameux que son compétiteur.

Peter Sarsgaard joue Chuck Traynor, son mari abusif et manager, accompagné de Sharon Stone, Hank Azaria, Bobby Cannavale, et enfin James Franco –dans le rôle de Hugh Hefner– tous permettant de raconter l'histoire de cette héroïne née Linda Boreman.

Du trailer, il ressort que le film restera fidèle aux caractéristiques du biopic, couvrant tous les rebondissements de la célébrité à la chute. A la suite de son succès, Lovelace fit plusieurs films pornographiques, mal reçus par la critique, et accusa Traynor de l'avoir forcée, une arme sur la tempe, à faire Gorge Profonde. A la fin de la décennie, elle était déjà exclue du marché. Cible préférée des féministes, elle a passé ses dernières années à parler contre le business de la pornographie et à écrire ses mémoires.

Difficile de dire si le film s'élèvera au-dessus d'une œuvre de chaîne câblée, mais le casting est prometteur, tout comme le pedigree de ses créateurs –les deux ont gagné des Oscar pour Common Threads: Stories from the Quilt, et Epstein a également dirigé le documentaire The Times of Harvey Milk.

«Son courage a fait d'elle une légende», nous dit le trailer. Bien que le désir de présenter Lovelace ainsi soit compréhensible, espérons que l'humanité qu'Epstein et Friedman ont injecté dans leurs précédents films brille également ici.

Aisha Harris

Traduit par Florian Reynaud

Aisha Harris
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