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Sofia Coppola, Jaden Smith... Le népotisme est bon pour Hollywood

Temps de lecture : 2 min

«After Earth», de M. Night Shyamalan (Sony).
«After Earth», de M. Night Shyamalan (Sony).

En ce moment, parmi les films à l'affiche aux Etats-Unis: After Earth et The Bling Ring. De quoi rappeler, pour les critiques, que le népotisme fait rage à Hollywood, et que Jaden Smith, fils de Will, à l'affiche du premier, et Sofia Coppola, fille de Francis Ford, réalisatrice du deuxième, ne sont que de tristes représentants de ce népotisme.

Sauf pour le journaliste américain Nick Schager, qui écrit dans The Atlantic que c'est là une très bonne nouvelle pour faire d'Hollywood une industrie plus diverse et plus ouverte.

Les critiques dénonçant ces lignées d'acteurs viennent selon lui «d'un sentiment viscéral d'"injustice" mais passent à côté de la seule raison légitime de dénoncer le népotisme: la façon dont il perpétue un système d'exclusion. Hollywood a été institué par des hommes blancs, et les hommes blancs l'ont dirigé pendant si longtemps que l'on ne voit des avancées vers la diversité et l'égalité que depuis quelques décennies». Même aujourd'hui, explique Shager, alors que les femmes demandent des cachets de quelques millions et où les noirs remportent des floppées d'Oscars, «il n'en reste pas moins qu'Hollywood demeure un club de riches hommes blancs. Le népotisme y contribue manifestement –les chiens ne font pas des chats– et peut ainsi être vu comme régressif».

Mais selon le journaliste, After Earth montre que cela peut aussi être l'inverse d'une régression.

«Chaque membre d'un groupe historiquement exclu qui met un pied dans l'industrie ouvre la voie à d'autres membres de ce groupe, et le népotisme est l'une des manières d'y parvenir. C'est pourquoi la carrière de Jaden Smith est, aussi peu méritée soit-elle, une évolution réconfortante, de la même manière que l'est le fait qu'un clan afro-américain comme celui des Smith puisse se permettre des projets vaniteux comme After Earth. Que Will Smith soit assez puissant pour faire cadeau de rôles à son fils est le signe d'une influence grandissante d'une minorité à Hollywood, et devrait aboutir au fait de voir plus de gens de couleur devant et derrière une caméra.»

Et en France? Le népotisme n'est pas moins présent. Aux derniers César, des observateurs s'émeuvaient de voir pas moins de sept «fils et filles de» en lice pour les récompenses. Jacques Audiard, fils de Michel, Hugo Gelin, fils de Xavier, Lola Dewaere, fille de Patrick, Izia Higelin, fille de Jacques, Alice de Lencquesaing, fille de Louis-Do, Félix Moati, fils de Serge, Léa Seydoux, petite-fille de Jérôme. Outre ceux-là, il y a bien sûr le clan Depardieu, Blier, Bohringer, Gainsbourg, Garrel, Berry, Mastroianni...

On doit bien admettre que pour certains, en plus du nom, ils ont hérité du talent. En revanche, pour l'ouverture à plus de diversité, on cherche encore...

Charlotte Pudlowski journaliste, créatrice et rédactrice en chef du podcast Transfert

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