Culture

Trailer est-il? «The Returned», ni zombie ni humain

Temps de lecture : 2 min

Dans ce film espagnol, les infectés peuvent vivre normalement s'ils n'oublient pas de prendre leurs médicaments. Hélas, y'a toujours des étourdis.

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Le film de zombies étant probablement le genre horrifique le plus galvaudé depuis son retour de hype du début des années 2000, il faut vraiment présenter de sérieux arguments pour éveiller notre intérêt en la matière. Du côté de Trailer est-il?, on s'est ainsi intéressé à Zombeo & Juliécula (parce que ça pue le nanar incroyable), Go Goa Gone (parce que ça vient de Bollywood) ou encore récemment à Cannon Fodder (parce que c'est un film israélien). Côté sortie ciné, à part le très chouette Warm Bodies, on n'a pas vu grand chose de fou niveau morts-vivants depuis un petit moment, mais le film qui nous intéresse aujourd'hui pourrait faire la différence.

Film espagnol tourné en anglais –la seule façon pour l'industrie espagnole de survivre, et parfois avec succès comme le prouve le carton The ImpossibleThe Returned nous titille grâce à son pitch plutôt malin: dans un futur proche, les zombies (enfin, des «infectés») peuvent vivre une existence «normale» si tant est qu'ils prennent à heure régulière un médicament spécial, la «Return Protein».

Oui, ce sont bien eux, les «returned» du titre, et le danger qu'ils représentent en cas de non prise du médoc énerve passablement des groupes d'activistes anti-Return, qui s'attaquent régulièrement aux hôpitaux traitant les infectés, comme celui où bosse notre héroïne, Kate, elle-même bien entendu amoureuse d'un infecté.

Le casting canadien du film semble relativement convaincant à en croire son trailer:

On sent d'ici les multiples intéprétations ou symboles (le plus évident étant le sida) que chacun pourra prêter au film. Son metteur en scène, un certain Manuel Carballo, n'en est pas à son premier film de genre tourné en anglais puisqu'il a signé en 2010 le bien nommé L'Exorcisme, qu'on a soigneusement évité de voir puisque les films d'exorcisme sont souvent comme les pornos: la fille possédée prend toujours d'improbables positions corporelles avant de hurler des insanités et de recracher des substances pas claires. Autant dire qu'on connaît la fin, hein.

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Alexandre Hervaud

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