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Comment j’ai convaincu Gaumont d’organiser une séance en VO

Temps de lecture : 2 min

A Nantes, impossible de voir «Star Trek» en anglais.

Dans un cinéma américain, en 2013. REUTERS/Gaia Squarci.
Dans un cinéma américain, en 2013. REUTERS/Gaia Squarci.

Pub sexiste, trains en retard, nouveau burger dégueu: les raisons de s'indigner sur Twitter et d'interpeller plus ou moins gentiment les entreprises responsables ne manquent pas. Si pousser un coup de gueule en moins de 140 caractères est devenu anodin –voire source de bon gros LOL– l'efficacité d'un tel contact entre clients et sociétés est loin d'être garantie.

Parfois, pourtant, ça marche.

Jeudi, mon courroux numérique, vite imité par quelques trublions ici et , visait la chaîne de cinémas @GaumontPathé. Evoquant la programmation de leur multiplexe de Nantes, où je vis, ma doléance se résumait à:

«Aucune séance en VOST du dernier Star Trek alors que d'autres blockbusters récents comme Oblivion ou After Earth y ont eu droit, ce foutage de gueule.»

Coup de bol pour les trekkies anglophiles de Nantes, Gaumont –enfin, son community manager– a plutôt bien réagi après mon petit entêtement 2.0.:

La réaction de Gaumont est louable, mais l'interpréter comme une faveur «exceptionnelle» ou un «cadeau» lâché à un privilégié pseudo-influent serait une erreur. Si faveur il y a, elle vient plutôt du péquin prêt à lâcher 12,40 euros par séance 3D pour subir l'atroce doublage français –surtout pour qui a découvert l'acteur Benedict Cumberbatch in english dans le Sherlock de la BBC.

Si je ne suis pas à plaindre niveau coût par séance, étant abonné au Pass illimité pour une vingtaine d'euros mensuel, les réactions de certains sur Twitter confrontés à la même situation ne laisse aucun doute: snober les spectateurs amateurs de VOST, c'est l'assurance de favoriser le piratage.

J'avoue sans honte avoir fréquemment opté pour la solution DivX dès qu'un film étranger dont la vision en version originale s'impose (on parle plus ici de comédie que de Fast & Furious...) ne sort qu'en VF du côté de Nantes.

A l'heure où papy Spielberg prévoit l'implosion du modèle actuel d'exploitation cinématographique, où la chronologie des médias est (enfin!) remise en cause et où les solutions existent pour permettre aux internautes d'organiser «leur» séance ciné, on le répète à nouveau: si le brave community manager de Gaumont a rendu service à quelqu'un dans cette affaire, c'est bien à la société Gaumont elle-même. Du moins si la boîte mise sur une longue vie et la prospérité.

Alexandre Hervaud

Alexandre Hervaud Journaliste

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