Partager cet article

Château d'Hérouville: à vendre, légende du rock, 30 pièces, quelques travaux à prévoir

La grille du château d'Hérouville (photo de l'annonce SeLoger.com)

La grille du château d'Hérouville (photo de l'annonce SeLoger.com)

Le mythique ancien relais de poste francilien où Bowie, Iggy Pop, les Bee Gees ont enregistré dans les 70's cherche son nouveau propriétaire.

Pour 1,3 million d’euros (et quelques travaux à prévoir...), vous pouvez vous payer un petit bout de l’histoire du rock en France: le château d’Hérouville (Val-d’Oise), où ont été enregistrés plusieurs chefs-d’œuvre de l’histoire de la musique, est en vente. L’information, qui circule sur les réseaux sociaux sur la foi d’une annonce immobilière, a été confirmée à Slate par l’agence chargée de la vente.

Construit au XVIIIe siècle, cet ancien relais de poste a été la propriété du compositeur de musiques de films Michel Magne, qui y avait aménagé un studio et reçu de nombreuses stars, notamment anglo-saxonnes.

Pour le plaisir, quelques noms d’albums enregistrés sur place: Obscured by Clouds, BO d'un film de Barbet Schroeder enregistrée par les Pink Floyd (1972), The Slider de T-Rex (1972), Goodbye Yellow Brick Road d’Elton John (1973), The Idiot d’Iggy Pop (1977), les singles How Deep Is Your Love et Stayin' Alive des Bee Gees (1977), Champagne pour tout le monde et Caviar pour les autres de Jacques Higelin (1979). Et, last but not least, Low de David Bowie (1977), dont nous vous racontions l’enregistrement il y a quelques mois:

«Bowie n’a pas encore quitté un état mental instable, et il est persuadé que les fantômes de Frédéric Chopin et George Sand rôdent. "Il y avait très certainement une énergie étrange dans cet endroit", se souviendra Tony Visconti. Le studio presque désert, mois d’août oblige, crée une ambiance décalée, entre l’intensité noire qui habite parfois Bowie et la légèreté de vacances de gosses que personne ne surveille.»

Le lieu a également servi de cadre au tournage du film La Fiancée du pirate de Nelly Kaplan, avec Bernadette Lafont, et à un concert mythique du Grateful Dead, venus en juin 1971 jouer au festival voisin d'Auvers-sur-Oise, noyé sous les trombes d'eau.

Il y a deux ans, la seconde épouse de Michel Magne, Marie-Claude Magne, racontait au Parisien cette époque:

«Il s'est servi de certaines pièces pour faire des chambres d'écho. Cela a été une révolution. […] Au début, le studio était pour enregistrer sa musique personnelle. Mais très vite, le bouche à oreille a fonctionné, cela a fait le tour de Paris. […] On y vient alors du monde entier. C'était devenu la destination des plus grands groupes.»

Le studio d’enregistrement a fermé en 1985 et plusieurs projet de relance ont été tentés dans la dernière décennie. Interviewé par Le Parisien début mai, François Laverré, le propriétaire du château (que nous n’avons pas réussi à joindre), estimait qu’un «projet hôtelier avec un chef étoilé serait […] plus envisageable» qu’un projet musical.

J.-M.P.

Vous devez être membre de Slate+ et connecté pour pouvoir commenter.
Pour devenir membre ou vous connecter, rendez-vous sur Slate+.
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte