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Hashtags: Facebook va ressembler un peu plus à Twitter et c'est une bonne chose

Will Oremus, mis à jour le 14.06.2013 à 10 h 38

L'évolution du réseau social a un intérêt évident pour la publicité. Mais les utilisateurs devraient aussi y trouver leur compte.

Hashtag Art, Jeffisageek, via Flickr CC License by

Hashtag Art, Jeffisageek, via Flickr CC License by

Facebook va ressembler un peu plus à Twitter et c'est une bonne chose. La société a annoncé mercredi sur son blog qu'elle commençait à lancer un système de hashtags cliquables. Ça signifie que si vous écrivez un statut sur votre haine de LeBron James, vous pourrez ajouter le mot-dièse #FinaleNBA et votre statut apparaîtra sur la page de recherche #FinaleNBA, avec tous ceux des spectateurs du match.

«Les hashtags sont un premier pas pour que les utilisateurs observent plus aisément ce qui se dit d'un sujet spécifique, et puissent participer aux conversations publiques», explique Greg Lindley, chef de produit chez Facebook. «Nous continuerons d'ajouter des fonctionnalités dans les semaines et les mois à venir, notamment un outil de tendances et une compréhension plus profonde.»

Pourquoi Facebook adopterait une fonctionnalité considérée par les utilisateurs comme l'une des plus désuètes de Twitter? J'ai expliqué les motivations financières dans un article de blog en mars, quand le Wall Street Journal avait publié les premières rumeurs sur la fonctionnalité. En résumé, les hashtags aident l'algorithme de Facebook à comprendre ce dont les utilisateurs parlent à un moment donné, créant des opportunités pour des publicités mieux ciblées.

Facebook n'a pas encore annoncé de nouveaux produits liés aux hashtags, mais il le fera certainement. Cela pourrait mener à un assaut frontal contre le modèle économique de Twitter, qui implique d'autoriser les annonceurs à faire, par exemple, une blague sur les Oreos pendant un black-out au Super Bowl. Le billet de blog de Facebook à propos des hashtags montre clairement que les audiences de TV seront la cible de prédilection.

«En période de prime-time, entre 88 et 100 millions d'Américains sont également engagés sur Facebook, soit à peu près une audience de Super Bowl tous les soirs. Le récent épisode de Game of Thrones surnommé “Red Wedding” a donné lieu à plus de 1,5 million de mentions sur Facebook, une part significative des 5,2 millions de personnes qui ont regardé l'épisode. Enfin, les Oscars ont battu un record cette année avec plus de 66,5 millions d'interactions sur Facebook, incluant likes, commentaires et statuts.»

Cependant, tout n'est pas qu'histoire de publicités: il peut y avoir de réels avantages pour les utilisateurs. Si les hashtags fonctionnent, Facebook pourra devenir une alternative viable à Twitter pour les gens qui souhaitent suivre l'actualité et en débattre sur le web en temps réel. Facebook ne sera pas aussi taillé pour cet usage que Twitter, mais il couvre un espace bien plus large. Twitter a travaillé dur pour bâtir et dominer l'économie du «second écran». Avec l'entrée en scène de Facebook, il va devoir redoubler d'efforts.

Enfin, cela signifie que les utilisateurs de Facebook ont une chance que leurs statuts les plus intelligents et les plus ancrés dans l'actualité deviennent viraux comme ils ne l'ont jamais été, sans l'aide d'amis influents. Au lieu d'être vus par, disons, 20 amis, votre sarcasme sur les derniers événements de Game of Thrones a la chance d'être vu, aimé et partagé par des dizaines de milliers d'inconnus.

L'idée semble effrayante, mais gardez à l'esprit que cette fonctionnalité est optionnelle –les hashtags ne modifient pas vos paramètres de confidentialité. Si vous ajoutez un hashtag à un statut réservé à vos amis, seuls ces derniers pourront le voir dans la recherche par mot-dièse. Les hashtags peuvent sembler agaçants, mais ils pourront se révéler très utiles sur un site qui n'a jamais réussi à faire interagir un public extrêmement large.

La fonctionnalité sera disponible pour un petit nombre d'utilisateurs à partir de jeudi, et commencera à se répandre dans les semaines qui viennent.  

Will Oremus

Traduit par Florian Reynaud

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