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«Zero Dark Thirty»: Leon Panetta a-t-il donné des informations à Hollywood?

Slate.com, mis à jour le 06.06.2013 à 14 h 59

Jessica Chastaing joue le personnage de Maya dans «Zero Dark Thirty». Image Columbia Pictures -

Jessica Chastaing joue le personnage de Maya dans «Zero Dark Thirty». Image Columbia Pictures -

C’était lors d’une discussion qui s’est tenue en juin 2011, à une cérémonie de remise de prix de la CIA. Mark Boal, scénariste et co-producteur de Zero Dark Thirty, était présent. Et Leon Panetta, alors encore directeur de la CIA, révéla le nom du commandant en chef des opérations sur le terrain, en charge du raid contre Oussama ben Laden, ainsi que d’autres informations «top secret», selon le brouillon d’un rapport écrit par l’inspecteur général du département de la Défense américain.

«Durant cette cérémonie de remise de prix, le Directeur Panetta a spécifiquement reconnu l’unité qui avait mené le raid et identifié le commandant en chef par son nom», selon le brouillon en question, qui a fuité sur Project on Government Oversight. «Selon le DOD Office of Security Review (bureau qui fait le passage en revue de la sécurité et de la politique du département de la Défense), le nom de l’individu est protégé de sa publication, en vertu de la loi fédérale.»

Il n’est toujours pas évident de déterminer si Leon Panetta savait que le scénariste Mark Boal était présent lors de l’événement, qui s’est tenu en l’honneur de l’équipe de commandos de marines qui a mené le raid, et dont la CIA a déjà dit qu’il comptait pas moins de 1.300 convives. Si cela peut protéger Panetta, et l’administration en général, cela donnera sans aucun doute des munitions aux détracteurs du Président Obama.

Au mieux, en considérant que ce rapport est juste, Panetta a donné des noms et révélé des informations top-secret par accident, une méprise légèrement embarrassante pour l’agence nationale d’espionnage...

Le rapport lui-même a d’abord été commandé par les députés républicains il y a près de deux ans, mais demeure, du moins officiellement, incomplet.

Selon les sources de Project on Government Oversight, des pressions étaient exercées depuis environ un an pour rendre les trouvailles publiques, et à l’automne dernier, le bureau de l’inspection générale s’est mis à prendre des mesures «afin de publier une version du rapport». Pourtant, pour des raisons inconnues, le rapport est encore secret un an plus tard. Un porte-parole de l’inspection générale a expliqué à Hill mercredi qu’il n’y avait pas de «date prévue d’achèvement» du rapport et que les équipes «travaillent assidûment à mener le projet à terme le plus vite possible».

Quand les députés républicains ont demandé, la première fois, à l’inspection générale d’enquêter sur le sujet, ils étaient en pleine phase de critique de Barack Obama et de son équipe, pour avoir soi-disant fait fuiter des informations classifiées afin d’améliorer l’image du président sur des sujets de sécurité nationale et de défense.

Il y a peu de doutes sur le fait que le Parti républicain entonnera de nouveau ce refrain dès qu’ils auront le rapport à disposition, mais sa publication comporte aussi un autre enjeu: les mesures draconniennes et sans précédent prises par l’administration au sujet des fuites gouvernementales.

Josh Voorhees, traduit par C.P.

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